Rome et Berlin ne veulent pas puiser dans les stocks de pétrole

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par Alberto Sisto et Andreas Rinke

ROME/BERLIN (Reuters) - L'Allemagne et l'Italie restent opposées à des prélèvements sur les stocks pétroliers stratégiques, estimant que l'offre est amplement suffisante en dépit des sanctions qui frappent la production iranienne, ont déclaré vendredi des sources gouvernementales des deux pays.

Les ministres des Finances du G7 avaient toutefois appelé mardi les pays producteurs de pétrole à augmenter leur production pour répondre à la demande, en laissant entendre qu'ils étaient prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques au cas où la hausse des cours du brut menacerait la croissance mondiale.

"Il y a eu toute une série d'appels téléphoniques ces derniers jours; comme il n'y a pas d'accord à l'unanimité, il n'y aura pas de prélèvement", a dit un haut fonctionnaire italien.

Un homologue allemand a dit qu'il n'avait pas "de réelle situation de crise à l'heure actuelle".

Pour lui, la déclaration des ministres des Finances du G7 se borne à maintenir le statu quo.

Le haut fonctionnaire italien a précisé que les Etats-Unis avaient demandé la libération d'une partie de ces réserves et que Washington est soutenu par la Grande-Bretagne et la France.

Les ministres des Finances des pays de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) ont déclaré jeudi pour leur part qu'ils accueilleraient favorablement "une action appropriée" de l'AIE à l'occasion de leur rencontre la semaine prochaine à Moscou.

Le désaccord entre les 28 membres de l'AIE concernant la politique en matière de stocks stratégiques a commencé en mars, alors que le cours du brut était à 128 dollars le baril.

Une augmentation de la production de l'Arabie saoudite a fait reculer les cours du pétrole à 90 dollars le baril en juin, mais depuis, ceux-ci sont remontés à un niveau élevé, d'environ 113 dollars, ramenant le sujet sur la table.

À QUOI SERVENT LES RÉSERVES

Selon une information récemment publiée par Reuters, la Maison Blanche envisage à nouveau une action de l'AIE car elle estime que le maintien des cours à ces niveaux affaiblirait l'effet des sanctions contre le programme nucléaire iranien.

Le conflit en cours revient surtout à poser la question des conditions d'utilisation des réserves stratégiques de l'AIE.

Il n'y a eu que trois prélèvements au cours des 40 années d'existence de l'agence: en 1990, lors de l'invasion du Koweït par l'Irak, puis lorsque les ouragans Rita et Katrina ont inondé les raffineries du Golfe du Mexique et interrompu la production en 2005.

Il n'y en a pas eu en 2003 au moment de l'invasion de l'Irak, mais, après un long débat, les stocks ont été utilisés à nouveau en 2011 lors de la guerre civile libyenne.

Les sanctions imposées à l'Ir an ont réduit les exportations du pays d'environ un million de barils/jour depuis début 2012.

Maria van der Hoeven, la nouvelle directrice de l'AIE, estime que les réserves ne doivent être utilisées qu'en cas de pénurie importante, ce qui, juge-t-elle, n'est pas le cas actuellement.

"Un niveau de prix élevé ne suffit pas à déclencher un prélèvement sur les stocks de l'AIE et nous estimons qu'actuellement, l'offre est suffisante sur le marché du pétrole brut," a-t-elle dit mardi lors d'une interview à Reuters.

"Les sanctions iraniennes ne sont pas arrivées soudainement. Le marché s'est relativement bien adapté à la baisse de l'offre iranienne au cours des neuf derniers mois", a-t-elle ajouté.

Alberto Sisto et Andreas Rinke, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • mmegemon le vendredi 31 aout 2012 à 16:27

    à M1330427.Vous etes sérieux ou pas.Essayer d'arreter la spéculation c'est de la spéculation intellectuelle

  • M1330427 le vendredi 31 aout 2012 à 16:08

    il ont qu a interdire la speculation sur le petrole je suis sur que on ferait baisserle prix 10% voire 15% politiciens de mer