Rome et Berlin d'accord sur la politique migratoire, pas sur le financement

le
0
    par Crispian Balmer 
    ROME, 5 mai (Reuters) - Rome et Berlin sont d'accord sur la 
manière dont l'Europe doit gérer la crise migratoire et 
s'opposent à l'érection de clôtures frontalières, mais les deux 
capitales divergent en revanche sur le mode de financement des 
initiatives à destination des réfugiés. 
    La chancelière allemande Angela Merkel, en visite à Rome, et 
le président du Conseil italien Matteo Renzi ont averti que si 
l'Union européenne ne réussissait pas à parler d'une même voix 
sur la question des migrants, les vieux fantômes du nationalisme 
resurgiraient de plus belle. 
    Les questions d'immigration ont dominé les entretiens des 
deux dirigeants, jeudi à Rome. Tous deux se sont déclarés 
d'accord pour que des efforts plus grands soient entrepris afin 
d'aider les pays d'Afrique à contenir le flot de réfugiés 
cherchant à traverser la Méditerranée. 
    Près de 29.000 migrants ont atteint l'Italie par bateau 
depuis le début de l'année, soit un millier de plus qu'à la même 
période l'an dernier. Pour les ONG humanitaires, l'itinéraire 
entre l'Afrique du Nord et l'Italie est désormais l'itinéraire 
privilégié qu'empruntent les demandeurs d'asile depuis qu'un 
accord a été conclu en mars entre l'Union européenne et la 
Turquie, lequel a eu pour conséquence de freiner fortement le 
flux de migrants atteignant les côtes grecques. 
     
    PAR LE COL DU BRENNER 
    Rome et Berlin se sont dits "totalement opposés" au projet 
de l'Autriche de construire une clôture le long de sa frontière 
avec l'Italie pour lutter contre l'afflux de migrants, a déclaré 
jeudi Matteo Renzi à l'issue de son entretien avec la 
chancelière. 
    "Nous avons exprimé notre totale opposition et, à certains 
égards, notre indignation face à la position adoptée par nos 
amis autrichiens", a déclaré Matteo Renzi pendant une conférence 
de presse. 
    L'Autriche a fait part de son intention d'ériger une 
barrière aux abords du poste-frontière du col de Brenner pour 
"canaliser" les réfugiés et migrants qui cherchent à gagner son 
territoire et, au-delà, l'Allemagne et les pays d'Europe du 
Nord. 
    Le ministre autrichien de l'Intérieur, Wolfgang Sobotka, a 
déclaré le mois dernier à Rome qu'il s'attendait à ce qu'un 
million de migrants franchissent la Méditerranée cette année au 
départ de la Libye. L'Italie estime leur nombre bien inférieur, 
même si elle s'attend à un afflux accru cet été à la faveur de 
conditions climatiques favorables. 
    Outre les migrants venant d'Afrique du Nord, le passage du 
col du Brenner a également été emprunté ces derniers mois par 
les réfugiés qui arrivent de Turquie via la Grèce et les Balkans 
depuis que la Hongrie a elle aussi érigé une clôture le long de 
sa frontière avec la Roumanie, la Serbie et la Croatie. 
 
 (Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant