Rome dit qu'il n'a pas demandé à Ferrovie d'aider Alitalia

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ROME (Reuters) - Le gouvernement italien n'a jamais demandé à la compagnie publique de transport ferroviaire Ferrovie dello Stato (FS) d'investir dans Alitalia, a déclaré lundi soir le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi.

"Le gouvernement n'a jamais proposé à Ferrovie dello Stato d'investir dans Alitalia. Nous explorons toutes les options en vue d'un projet industriel pour sauvegarder un actif stratégique", a-t-il dit.

Des sources proches du dossier avaient auparavant indiqué à Reuters que Rome avait demandé à Ferrovie d'envisager une prise de participation dans la compagnie aérienne en difficulté, ce qui pouvait lui permettre de trouver une solution alternative à une prise de contrôle par Air France-KLM.

Le groupe français, qui possède 25% d'Alitalia, se dit prêt à venir en aide à Alitalia si des conditions "strictes" sont satisfaites.

Alitalia a accumulé des pertes de plus de 840 millions d'euros et une dette de l'ordre du milliard d'euros depuis son sauvetage en 2009 par un groupe d'investisseurs et par Air France-KLM.

Salvatore Mancuso, vice-président de la compagnie aérienne italienne, a prévenu qu'une prise de contrôle par Air France-KLM aurait un coût très élevé pour Alitalia, notamment en terme de suppressions de postes et au prix d'une restructuration d'envergure.

La question de l'emploi est cruciale pour le gouvernement du président du Conseil Enrico Letta et elle explique la volonté de Rome d'approcher FS.

DISCUSSIONS "TRÈS TENDUES"

Des discussions qui ont eu lieu lundi avec le gouvernement italien sur l'avenir d'Alitalia ont été "très tendues" et devraient se poursuivre mardi, a indiqué lundi soir une source proche du dossier. Elle a précisé que l'administrateur délégué de Ferrovie, Mauro Moretti, n'était pas présent à cette réunion.

Selon cette source, le gouvernement italien envisage bien qu'une entité publique investisse dans Alitalia, tandis que les négociations avec Air France-KLM se poursuivent.

"Le gouvernement cherche une manière de soutenir et d'aider Alitalia à aller vers une solution plus réaliste, qui est la fusion avec son actionnaire français, Air France-KLM. Il cherche à savoir quelle entité publique peut aider Alitalia dans ce processus", indique-t-on de même source.

Un rapprochement de FS et d'Alitalia pourrait comporter des problèmes en terme de droit de la concurrence, tous deux desservant la très lucrative liaison entre Rome et Milan.

Certains observateurs du secteur considèrent que la meilleure solution serait une reprise en mains par Air France-KLM, mais des sources proches des négociations expliquent que d'importantes divergences opposent les deux parties, sur la question des engagements financiers et sur la manière dont le groupe français adapterait les opérations de son homologue italien à son propre réseau.

Le gouvernement italien s'inquiète de son côté du rôle qu'Air France-KLM attribuerait à l'aéroport de Rome Fiumicino dans le cadre de sa stratégie.

"Je n'aime pas ce qu'Air France aimerait faire avec Alitalia - cantonner Fiumicino à rôle de troisième hub (après Paris et Amsterdam)", a déclaré Salvatore Mancuso au Messaggero, estimant qu'une telle solution se traduirait par la perte de "milliers d'emplois, effacerait le nom de l'Italie des principales lignes aériennes et empêcherait Alitalia de croître en Afrique."

Equinox, le fonds de Mancuso, détient 3,8% d'Alitalia.

Une éventuelle prise de contrôle d'Alitalia par Air France-KLM aurait "du sens" à condition de ne pas remettre en cause le redressement du groupe franco-néerlandais, a déclaré de son côté à Reuters le ministre français des Transports.

Giselda Vagnoni, Naomi O'Leary et Alberto Sisto, Marc Angrand, Nicolas Delame et Juliette Rouillon pour le service français

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