Rome défend la banque centrale dans le dossier Monte Paschi

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ROME PREND LA DÉFENSE DE LA BANQUE D?ITALIE DANS LE DOSSIER MONTE PASCHI
ROME PREND LA DÉFENSE DE LA BANQUE D?ITALIE DANS LE DOSSIER MONTE PASCHI

SIENNE/ROME (Reuters) - Le ministre italien de l'Economie Vittorio Grilli a pris mardi la défense de la banque centrale contre les accusations de laxisme portées à son encontre après la mise en cause du groupe Monte Paschi, en parlant d'une supervision "attentive" et "appropriée".

Un document de la Banque d'Italie montre par ailleurs que celle-ci avait multiplié les examens des conditions de liquidité de la banque au second semestre 2009 mais aussi que les sanctions contre l'ancienne équipe dirigeante n'étaient intervenues qu'après que celle-ci avait quitté l'établissement l'an passé.

Ce document, déposé au Parlement après l'intervention de Vittorio Grilli, veut à son tour dédouaner la banque centrale de toute accusation de négligence.

En outre, des documents internes à la Monte Paschi révèlent que son comité d'audit interne et son unité de contrôle du risque avaient émis de sérieux doutes dès novembre 2009 sur le département finances de la banque, au coeur du scandale des pertes sur dérivés.

Ces documents évoquent notamment un "dépassement systématique des limites de risque" dans la gestion du portefeuille propriétaire de 24 milliards d'euros du groupe bancaire et des contrats "pas toujours en conformité avec les meilleurs valorisations du marché".

Banca Monte dei Paschi di Siena, troisième banque d'Italie, est accusée d'avoir surpayé en 2007 sa rivale Antonveneta et de s'être engagée entre 2006 et 2009 dans des opérations risquées sur des produits dérivés financiers, avec à la clé des pertes susceptibles d'atteindre 720 millions d'euros.

Une source judiciaire a déclaré à Reuters que les autorités enquêtaient sur des soupçons de corruption liés au rachat d'Antonveneta et d'infractions lors des transactions sur dérivés.

UNE AMENDE INFLIGÉE À VIGNI

S'exprimant devant la commission des Finances du parlement, Vittorio Grilli a passé en revue les différentes mesures prises par la Banque d'Italie qui joue le rôle d'autorité de tutelle des établissements de crédit. "La supervision par la Banque d'Italie était appropriée, soutenue et attentive et elle s'est renforcée au fil du temps", a-t-il dit.

Il a ajouté que des inspecteurs avaient attiré l'attention sur les problèmes de financement rencontrés par Monte Paschi peu avant le rachat d'Antonveneta pour neuf milliards d'euros en 2007.

La banque centrale, a également expliqué le ministre, a en outre pointé du doigt la vulnérabilité du groupe de Sienne aux problèmes de financement engendrés par la crise de la dette dans la zone euro, elle a exprimé ses doutes sur les transactions impliquant des produits dérivés et elle a imposé des sanctions aux plus hauts dirigeants du groupe avant la démission l'an dernier du président Giuseppe Mussari.

Le document de la banque centrale montre que celle-ci a mis au jour, entre mai et août 2010, deux opérations structurées risquées menées avec Deutsche Bank et Nomura. Mais ce n'est qu'en mai 2012, qu'elle a décidé de prendre des sanctions.

L'ex-administrateur délégué Antonio Vigni avait été remplacé en janvier 2012 et l'ex-président Giuseppe Mussari n'avait pas sollicité le renouvellement de son mandat et quitté la banque en avril de la même année.

La Banque d'Italie a fait savoir mardi soir qu'elle avait infligé une amende de 64.555 euros à Antonio Vigni en 2009 pour infraction aux règles de transparence.

Le dossier Monte Paschi, dans lequel sont évoqués des soupçons de corruption lors de l'acquisition d'Antonveneta, a ravivé les inquiétudes sur la survie de la banque, qui dépend désormais d'un plan d'aide de l'Etat de 3,9 milliards d'euros. Il a aussi ravivé le débat récurrent sur les liens entre les grandes banques du pays et certains des principaux partis politiques.

Lundi, Vittorio Grilli s'était entretenu avec Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui était gouverneur de la Banque d'Italie de fin 2005 à 2011.

Stefano Bernabei, Silvia Aloisi, James Mackenzie; Wilfrid Exbrayat pour le service français

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