Roland-Garros: Tsonga se rate et Ferrer va en finale

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JO-WILFRIED TSONGA SOMBRE SUR LE CENTRAL
JO-WILFRIED TSONGA SOMBRE SUR LE CENTRAL

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'Espagnol David Ferrer s'est qualifié vendredi pour sa première finale d'un tournoi du Grand Chelem en battant le Français Jo-Wilfried Tsonga 6-1 7-6 6-2 en demi-finale à Roland-Garros.

Le match a souffert de la comparaison avec le sommet offert quelques heures plus tôt par le numéro un mondial Novak Djokovic et Rafael Nadal, qui visera dimanche un huitième titre sur la terre parisienne.

Auteur d'un quart de finale emballant contre Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga a sombré vendredi sur le Central et n'égalera donc pas Henri Leconte, dernier Français finaliste en 1988, encore moins Yannick Noah, titré en 1983.

"J'aurais aimé joué un meilleur tennis, ça n'a pas été le cas. En face, j'avais un super joueur qui lui a été bon. Voilà, c'est le tennis", a dit Tsonga en conférence de presse.

"Aujourd'hui, clairement, il a été meilleur que moi. Y'a pas grand-chose à dire."

Ferrer, tombé de bonheur sur l'ocre après la balle de match, atteint la finale sans avoir perdu le moindre set.

"Je suis très heureux d'être en finale ici, c'est un rêve, ma première en Grand Chelem. Roland-Garros est le tournoi le plus important pour moi", a-t-il dit sur le court.

"Je veux profiter de l'instant et me concentrer sur la finale contre Rafa", a ajouté Ferrer qui a battu son cadet seulement quatre fois en 24 rencontres, et pas depuis l'Open d'Australie 2011. Sur terre, Nadal n'a perdu que la première de leur 17 rencontres, en 2004.

Sur un Central à demi vidé au début de son match, après plus de quatre heures de bataille entre Nadal et Djokovic, Tsonga a livré un match médiocre.

Ferrer a été très solide, comme à son habitude, et l'a piégé dès l'entame, l'enfermant dans sa filière favorite, faite de longs échanges dont il sortait presque toujours victorieux.

LA MOITIÉ DES POINTS DONNÉS

Le Français, lui, n'a jamais réussi à entrer dans son match, multipliant les erreurs et montrant de trop nombreux signes d'agacement. Il a maugréé, soufflé, contesté des marques au sol, sans que rien ne lui fasse reprendre pied.

Son service ne l'a même pas aidé dans les premiers jeux - Ferrer s'est procuré au final 17 balles de break, contre cinq.

Excellent relanceur, l'Espagnol en a fait son affaire et a rapidement mené 4-0 avec un double break en poche.

De timides "Allez Jo" ont commencé à descendre des tribunes, sans que cela réveille le Français qui a vu une balle de break s'échapper puis s'est fait punir sur une amortie mal posée.

A 5-0, il a enfin ouvert son compteur mais Ferrer a conclu la manche sans trembler en à peine plus d'une demi-heure.

Tsonga a alors semblé décidé à revenir et, plus agressif, parvenant enfin à écourter les échanges et à faire mal à Ferrer, a ravi la mise en jeu espagnole pour mener 3-0 dans le deuxième set. Mais il a replongé d'emblée dans ses travers en laissant Ferrer aligner quatre jeux.

Le Français s'est remobilisé pour débreaker et contraindre Ferrer au jeu décisif. L'Espagnol y a été souverain : il a rapidement pris les commandes (4-0) grâce à trois fautes de Tsonga, puis 6-1 sur deux autres erreurs, et a fini le travail.

A deux sets zéro, et avec tant de déchet - Tsonga a commis 56 fautes directes au total, plus de la moitié des points marqués par Ferrer dans le match -, la mission paraissait plus que difficile.

Le Français a tenu à peine trois jeux, le temps de perdre encore son service quand Ferrer l'a mis sur le reculoir.

L'Espagnol n'a plus eu qu'à filer vers sa première finale et confirmer que Paris lui réussit bien. A l'automne, il a remporté son premier Masters 1000 à Bercy. Quand à Tsonga, il a quitté le court sous quelques huées.

Edité par Olivier Guillemain

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