Roland-Garros: Tsonga marque les esprits

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Roland-Garros: Tsonga marque les esprits
Roland-Garros: Tsonga marque les esprits

par Eric Salliot

PARIS (Reuters) - Jo-Wilfried Tsonga a frappé les imaginations mardi en quart de finale de Roland-Garros où le Français est passé quatre fois à un point de priver le numéro un mondial Novak Djokovic d'un Grand Chelem sur deux ans.

Le Serbe, guidé par un admirable instinct de survie, a su sauver sa peau pour se qualifier en cinq manches somptueuses (6-1 5-7 5-7 7-6 6-1).

Le Manceau, cinquième du classement ATP, n'est donc pas devenu le dixième Français de l'ère Open à atteindre le dernier carré Porte d'Auteuil mais il a incontestablement prouvé qu'il jouait dans la court des grands.

Malgré l'immense déception, il tentait de positiver cet échec tellement douloureux.

"Je sors en me disant que je peux me regarder dans la glace et que j'ai tout donné. Ca ne m'a pas souri cette fois-ci. Vous savez, mon destin, je l'écris moi-même. Je me suis toujours battu et arraché pour avoir ce que j'ai. Tout ce que j'ai, je l'ai eu au forceps", a-t-il dit en conférence de presse après sa défaite.

"Je me dis que si ça n'arrive pas là, c'est que je n'ai pas été assez bon. Je vais continuer à travailler. C'est une défaite qui restera positive dans le sens où j'ai accroché un des meilleurs joueurs sur terre battue. J'ai touché du doigt ce dont j'ai vraiment envie. Je peux peut-être aller gagner un Grand Chelem, un Wimbledon..."

"IL VA DIGÉRER"

Le grand rendez-vous londonien arrive à grands pas et Cédric Pioline, l'ancien numéro un français, est convaincu que Jo-Wilfried Tsonga pourra rebondir.

"Il va digérer. Il va repenser aux choses et se dire : 'Je me rapproche, c'est un petit pas de plus vers l'excellence'. A force d'être proche, il y a un moment où ça passe. Il faut continuer. C'est à la fois une grosse déception et un superbe encouragement. Je pense qu'il faut le voir de cette manière", a dit Pioline.

Lionel Roux, l'entraîneur de l'équipe de France de Coupe Davis, n'est pas loin de penser que Jo-Wilfried Tsonga a envoyé un message fort à la concurrence et que le "Big four" - Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer et Andy Murray - n'est pas un cercle fermé.

"On savait qu'en coup droit, il pouvait enfoncer n'importe quel adversaire mais il l'a fait aussi en revers", a dit Roux.

Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau masculin français, était bluffé par le tennis développé par Tsonga.

"Quand il impose sa dimension physique, les autres ne font pas le poids", a-t-il dit.

S'il est parvenu à laisser derrière lui ce quart de finale si cruel, Jo-Wilfried Tsonga va attaquer la courte saison sur gazon avec gourmandise.

L'an passé, il y avait très bien joué en atteignant la finale au Queen's avant de signer un exploit considérable à Wimbledon en croquant Roger Federer en quart de finale après avoir été mené deux manches à zéro. Deux jours plus tard, le Manceau était cueilli en demi-finale par Novak Djokovic.

Alors que les meilleurs joueurs du monde iront à Halle, Jo-Wilfried Tsonga restera fidèle la semaine prochaine au Queen's. Et si David Ferrer n'atteint pas la finale à Roland-Garros, le Français est assuré de demeurer cinquième mondial.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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