Roland-Garros: Tommy Robredo revient de si loin

le
0
TOMMY ROBREDO SE QUALIFIE POUR LES QUARTS DE FINALE
TOMMY ROBREDO SE QUALIFIE POUR LES QUARTS DE FINALE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'Espagnol Tommy Robredo n'est jamais battu, du moins pas cette année à Roland-Garros où il a remonté dimanche pour la troisième fois d'affilée un retard de deux sets contre Nicolas Almagro et s'est qualifié pour les quarts de finale.

Robredo, tête de série n°32, a même fait mieux que ça : il a repris son break de retard à 4-2 dans la troisième manche pour rester dans la partie et à nouveau dans la quatrième pour égaliser à deux manches partout.

Il l'a finalement emporté 6-7 3-6 6-4 6-4 6-4 sur Almagro (n°11), après un cinquième set plus décousu encore: il a été mené 2-0, est revenu puis a breaké pour prendre l'avantage 3-2, a vu Almagro recoller tout de suite (3-3) et a finalement réalisé un dernier break au neuvième jeu.

En cinq rencontres dont quatre sur l'ocre, Robredo n'avait encore jamais battu Almagro, "un joueur génial sur terre", a-t-il dit. En quart, il retrouvera un autre Espagnol, David Ferrer (n°4), impressionnant face au Sud-Africain Kevin Anderson.

Robredo avait déjà renversé la situation au deuxième tour contre le Néerlandais Igor Sijsling (6-7 4-6 6-3 6-1 6-1) et recommencé au troisième tour contre Gaël Monfils après avoir sauvé quatre balles de match (2-6 6-7 6-2 7-6 6-2).

Juste après sa victoire, Tommy Robredo a éclaté en sanglots, à genoux sur le court Suzanne-Lenglen dont le public, conquis, s'est levé pour saluer l'ancien cinquième joueur mondial, qui a manqué sur blessure une grande partie de 2011 et 2012.

C'est que Robredo, absent de Roland-Garros ces deux années, revient de très loin : victime de douleurs récurrentes qui l'empêchaient même de courir, il a dû se faire opérer d'un adducteur. En mai 2012, il était 471e mondial.

"JE PLEURE BEAUCOUP"

Il est revenu à force de volonté, comme il l'a fait dimanche sur le court Suzanne-Lenglen, celui-là même où il avait éreinté Gaël Monfils deux jours plus tôt.

"Aujourd'hui, c'était plus que physique. C'était mental", a-t-il dit, affirmant avoir été "détruit" à un moment : "J'avais mal au bras, c'était fou, pendant quelques jeux je ne pouvais même plus tenir ma raquette. Et soudain..."

Soudain, il a pris l'ascendant, profitant aussi des fautes d'Almagro qui a un bras magnifique mais reste sujet à quelques sautes de concentration et a, comme deux autres avant lui, craqué à force de voir la balle revenir, encore et encore.

Robredo, lui, a tout donné. Sur le court, il a hurlé, bandé ses muscles à chaque long échange victorieux, réclamé à tout crin le soutien du public et même poussé Almagro, dans le neuvième jeu de la cinquième manche, à en faire de même.

Puis il a donc laissé les émotions le submerger, pas même intéressé par son "record" - personne n'avait remonté trois fois d'affilée deux sets de retard à Paris dans l'ère Open -, plutôt par le fait de revenir en quarts pour la cinquième fois après 2003, 2005, 2007 et 2009.

"On ne pense jamais qu'on va gagner en ayant deux sets de retard", a-t-il dit.

"Je pleure beaucoup dernièrement, je ne sais pas pourquoi. Mes émotions ont pris le dessus, il y avait beaucoup de tensions avant, pendant le match, et à la fin j'ai dû remonter (...) Aujourd'hui, j'ai gagné une grande bataille."

"Vraiment, je m'en fous si c'est un record ou non. Le plus important c'est qu'aujourd'hui, j'ai gagné, gagné un grand match", a-t-il ajouté.

"Je me suis focalisé sur le fait de revenir, je l'ai fait, et maintenant je suis simplement focalisé sur le fait d'essayer de gagner chaque match." Même quand il semble perdu.

Edité par Olivier Guillemain

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant