Roland-Garros: Simon pousse Federer au combat et rend les armes

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ROGER FEDERER FAIT PLIER GILLES SIMON
ROGER FEDERER FAIT PLIER GILLES SIMON

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Roger Federer et Gilles Simon ont livré dimanche à Roland-Garros un de ces matches qui font la petite histoire du tournoi et en matière d'histoire, le Suisse aux 17 titres majeurs conserve un temps d'avance sur le Français.

Federer a signé la 900e victoire de sa carrière, le quatrième meilleur total de l'ère Open, et jouera son 36e quart de finale de Grand Chelem consécutif contre Jo-Wilfried Tsonga, qui n'a pas tremblé contre Viktor Troicki.

L'autre quart de finale mettra aux prises deux Espagnols qualifiés après des matches aux scénarios approchants : à David Ferrer un succès expéditif, à Tommy Robredo un retournement de situation qui a fait chavirer le court Suzanne-Lenglen.

L'ambiance du Central, où Troicki n'avait pas proposé une opposition assez solide à Tsonga pour animer la foule, s'est réchauffée à la faveur du combat mené par Gilles Simon (n°15).

Le Français, dont la meilleure performance en Grand Chelem est une victoire sur le dixième mondial - Mardy Fish, à Paris, il y a deux ans -, semblait parti pour un calvaire quand Federer a lancé le match sur un 6-1 impérieux, sans suer une goutte.

Mais Simon est l'un, sinon le joueur, le plus opportuniste du circuit. Et un tacticien sans pareil.

Il a suffi que Federer connaisse une petite baisse de régime au deuxième set et que le Français mette un peu plus de longueur et d'agressivité dans ses frappes pour que le vent tourne.

Simon a mené deux sets à un et l'histoire était en train de s'écrire sous les yeux d'un Central électrisé : la dernière fois que Roger Federer a perdu avant les quarts de finale d'un Grand Chelem, c'était en 2004, à Roland-Garros.

Ce ne sera pas pour cette fois. Les "Gilou ! Gilou !" tombés des tribunes, auxquels répondaient des "Roger !" démontrant que le vainqueur de l'édition 2009 reste le favori du public n'ont pas suffi : contre le Suisse, Simon a manqué de coffre.

L'ancien numéro un mondial a retrouvé son bras et a décidé d'aller attaquer davantage le filet. Ses réflexes, ses frappes sèches et ses amorties ont surpris, débordé ou éreinté Simon.

Il n'y aura donc pas de quart de finale franco-français mais un troisième match entre Federer et un Français, puisqu'après avoir battu Julien Benneteau et Simon, le Suisse affrontera Jo-Wilfried Tsonga.

La tête de série n°6 s'est débarrassé avec autorité de Viktor Troicki et n'a toujours pas perdu un set. Le Manceau est en confiance et Federer en a conscience : "Il sait qu'il peut le faire, moi aussi", a-t-il dit.

LE COMBAT DE ROBREDO

Tommy Robredo aussi peut le faire. Faire ce qu'aucun joueur n'avait réalisé avant lui dans l'ère moderne à Paris, à savoir remonter deux sets de retard pour la troisième fois d'affilée.

L'Espagnol, dont les saisons 2011 et 2012 ont été gâchées par des blessures récurrentes aux adducteurs qui l'ont contraint à se faire opérer, revient de très, très loin - il a été 471e mondial l'année dernière.

À Roland-Garros, il est déjà revenu de tout. Mené de deux sets au deuxième tour par Igor Sijsling, il est passé. Au tour suivant, il a remonté un handicap de deux sets et sauvé quatre balles de matches contre Gaël Monfils.

Dimanche, il a écrit un troisième scénario renversant sur le Suzanne-Lenglen. Il avait deux sets de retard et un break à refaire dans la troisième manche. Il l'a gagnée. Il avait encore un break à combler dans le quatrième set. Il l'a fait.

Et après avoir remporté le cinquième set, il a éclaté en sanglots, à genoux sur l'ocre pendant que les spectateurs lui réservaient une ovation debout.

Ils avaient auparavant vu David Ferrer exécuter froidement le Sud-Africain Kevin Anderson en trois manches. Le cinquième joueur mondial ne fait jamais de bruit, mais il est toujours là.

Dans le tableau féminin, la logique a été respectée puisque la quatrième joueuse mondiale, Agnieszka Radwanska, a laminé la Serbe Ana Ivanovic (n°14) pour retrouver en quart de finale Sara Errani, finaliste l'année dernière.

La petite Italienne a eu le souffle coupé, diaphragme bloqué dans le premier set. Mais elle a recouvré ses moyens et s'est sortie des griffes de Carla Suarez-Navarro en trois manches.

Serena Williams a été sans pitié avec Roberta Vinci, et cette 28e victoire d'affilée la lance vers un duel d'anciennes lauréates avec Svetlana Kuznetsova, titrée en 2009, et que ne motivent que les Grands Chelems et leur part d'histoire.

Edité par Pierre Sérisier

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