Roland-Garros: Serena Williams sacrée, onze ans après

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SERENA WILLIAMS À NOUVEAU SACRÉE À ROLAND-GARROS
SERENA WILLIAMS À NOUVEAU SACRÉE À ROLAND-GARROS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'Américaine Serena Williams a confirmé samedi son ascendant sur le circuit féminin et sur Maria Sharapova en remportant face à la Russe (6-4 6-4) son second titre à Roland-Garros, onze ans après sa première victoire à Paris.

La numéro un mondiale, qui vient d'enchaîner cinq titres - elle s'était imposée à Miami, Charleston, Madrid et Rome avant d'arriver à Paris -, a rarement tremblé dans cette finale, pourtant disputée face à la tenante du titre.

Elle remporte là son 16e titre du Grand Chelem et rejoint Steffi Graf, Chris Evert et Martina Navratilova dans le cercle des joueuses ayant gagné au moins deux fois chacun des Majeurs.

Williams, 31 ans, devient aussi la lauréate la plus âgée de l'histoire de Roland-Garros, un tournoi qu'elle avait déjà remporté en 2002 face à sa soeur aînée Venus.

"Je voulais gagner, je suis incroyable", a-t-elle dit en français sur le court, trépignant de bonheur et amusant le public pendant que Sharapova retenait ses larmes sur sa chaise.

"Je profite du moment, après onze ans c'est incroyable. C'est difficile pour moi de parler maintenant parce que je suis très excitée. Merci à tout le public."

"Je veux revenir ici l'année prochaine, je veux rester ici, parce que j'adore Paris, j'adore le public ici. Je veux encore gagner ici, c'est formidable", a ajouté l'Américaine, entraînée par le Français Patrick Mouratoglou et qui possède un appartement dans la capitale française.

La Russe, qui avait complété l'année dernière sa collection des quatre Grands Chelems, a, elle, promis de tenter à nouveau sa chance.

"Ce court m'a donné de si beaux souvenirs l'année dernière. C'est quelque chose de spécial de gagner ici, je serai de retour l'année prochaine", a-t-elle dit.

Depuis son premier succès et à l'exception d'une demi-finale en 2003, l'histoire de Williams avec la terre parisienne était contrariée, à l'image de son élimination dès le premier tour, l'année dernière, contre la Française Virginie Razzano.

Mais cette défaite a été oubliée.

BRUTAL RÉVEIL

Durant quinze jours, Williams a apporté une nouvelle preuve de sa domination du tennis féminin. Elle est désormais tenante de trois des quatre tournois Grand Chelem, seul le dernier Open d'Australie lui ayant échappé.

Bousculée en quart de finale par Svetlana Kuznetsova, elle a écrasé l'Italienne Sara Errani et demie et samedi, elle fait la course en tête quasiment tout le match.

Le début de partie a été étrange, disputé sur un faux rythme et sous un léger vent qui semblait gêner les deux joueuses sur leur mise en jeu.

Maria Sharapova, première à servir, a sauvé quatre balles de break avant d'ouvrir le score. Derrière, elle a fait le break en dominant dans l'échange une Williams un peu endormie.

Le réveil de l'Américaine, qui n'a plus perdu contre sa rivale depuis la finale du Masters en 2004, a été cinglant. Au prix d'un excellent jeu de retour et de coups droits puissants, accompagnés de "come on !" rageurs, elle a breaké à son tour.

Puis égalisé à 2-2 et ravi encore la mise en jeu adverse sur un retour court croisé intelligent, après avoir profité des erreurs de Sharapova pour se procurer trois balles de break.

A 4-3, Williams a eu un nouveau moment de flottement et laissé revenir son adversaire, pour mieux refaire le break immédiatement derrière. Et au moment de servir pour le gain du set, elle n'a pas tremblé.

La deuxième manche a été plus classique. Sharapova a mené 1-0 après un jeu initial de dix minutes et après avoir sauvé cinq balles de break. Williams a égalisé facilement puis a pris un avantage décisif en faisant le break pour mener 2-1, puis 3-1 sur un jeu blanc.

De là, chacune a mieux géré ses mises en jeu et l'Américaine a conclu en servant à 5-4 en sa faveur, sur un ace à près de 200 km/h, avant de tomber à genoux sur une ocre avec laquelle elle s'est réconciliée pour de bon.

Avec Simon Carraud, édité par Olivier Guillemain

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