Roland-Garros: Sara Errani, une tacticienne avant tout

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Roland-Garros: Sara Errani, une tacticienne avant tout
Roland-Garros: Sara Errani, une tacticienne avant tout

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Sara Errani n'a pas battu cette année à Roland-Garros Ana Ivanovic, Svetlana Kuznetsova et Angelique Kerber par pur hasard: ces trois victoires sont avant tout le fruit d'une tactique mûrement réfléchie.

Celle que l'on présente désormais à l'envi comme l'invitée surprise des demi-finales du tournoi féminin mérite certainement un peu plus de considération.

Car quand la plupart des joueuses du circuit WTA n'adaptent jamais leur jeu, quelle que soit l'adversaire, l'Italienne étudie et décortique les moindres failles de ses rivales.

"Pour moi, la tactique est très importante. Je n'ai pas une grande puissance donc il faut que je réfléchisse et que je travaille pour adapter mon tennis", a-t-elle ainsi expliqué en conférence de presse, peu après sa victoire en quart de finale face à Angelique Kerber, 6-3 7-6.

"La difficulté pour moi, c'est que je ne suis pas très forte, donc j'aime baser mon jeu sur la tactique et c'est effectivement l'objectif que je recherche", a-t-elle ajouté, précisant que sa petite taille (1,64m) dictait cette attitude.

"Il faut que j'utilise d'autres arguments: mon mental, ma rapidité. Il faut que j'aille vite, que je sois résistante. Comme je n'ai pas la puissance, j'essaie de trouver d'autres arguments pour que celle-ci ne soit pas si capitale."

Mardi, contre Angelique Kerber, cette tactique a marché à plein. Car face aux coups foudroyants de l'Allemande, Sara Errani a su faire le dos rond, tout en forçant son adversaire, dès qu'elle le pouvait, à bouger énormément, son point faible sur la terre battue.

L'autre argument venant contredire la théorie de l'invitée surprise est d'ordre statistique.

DÉJÀ TROIS TITRES EN 2012

Sara Errani réalise en effet sa meilleure saison. Depuis le début de l'année, elle a atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie et remporté trois titres, tous sur terre battue: Acapulco, Barcelone et Budapest.

Symbole de cette spirale vertueuse, celle-ci a atteint le 21 mai le meilleur classement de sa carrière, 23e mondiale, avant de reculer d'un rang une semaine plus tard.

Pour expliquer cet état de grâce, Sara Errani met en avant deux pistes: un changement de matériel et une meilleure condition physique.

"Le gros changement pour moi, ça a été la raquette. Cela m'a permis de me sentir beaucoup mieux sur le court. Tout à coup, j'ai senti plus de puissance dans mon jeu et je n'étais pas en décalage par rapport aux autres joueuses", a-t-elle analysé.

"Par ailleurs, j'ai beaucoup travaillé cet été, physiquement je suis très en forme (...) Je travaille tous les jours, aussi dur que possible. Et physiquement, je me sens très bien. Mais je pense qu'il y a une combinaison de tous ces éléments", a-t-elle ajouté.

Au prochain tour, celle qui s'est fait une spécialité depuis le début de la quinzaine de coupeuse de têtes couronnées aura rendez-vous avec Samantha Stosur, demi-finaliste en 2009 et finaliste en 2010 Porte d'Auteuil.

Sûre de ses qualités, l'Italienne espère bien jouer crânement sa chance.

"Si j'ai atteint ce niveau dans le tournoi, c'est que je joue bien. Donc, je vais rentrer pour me battre, jouer de mon mieux et on verra bien comment ça tournera", a-t-elle prévenu.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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