Roland-Garros: Sara Errani, un tournoi aux allures de jackpot

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Roland-Garros: Sara Errani, un tournoi aux allures de jackpot
Roland-Garros: Sara Errani, un tournoi aux allures de jackpot

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Arrivée sur la pointe des pieds à Roland-Garros cette année, l'Italienne Sara Errani pourrait bien repartir de Paris en ayant fait sauter la banque.

Intraitable depuis le début de la quinzaine, l'Italienne au gabarit atypique (1,64m) s'est déjà assurée, avant sa finale programmée samedi sur le Central face à Maria Sharapova - la première de sa carrière en Grand Chelem - de faire son entrée dans le Top 10 mondial dès lundi.

Comme si cela ne suffisait pas, la joueuse de 25 ans originaire de Bologne disputera vendredi la finale du double féminin aux côtés de sa compatriote Roberta Vinci. En cas de victoire dans ces deux rencontres, elle égalerait ainsi au panthéon du tennis la Française Mary Pierce, qui avait fait le doublé en 2000.

"C'est incroyable, c'est incroyable", n'a eu de cesse de répéter Sara Errani en conférence de presse, juste après sa victoire en demi-finale en trois sets face à l'Australienne Samantha Stosur.

"Je ne m'y attendais absolument pas. J'arrive en finale, je ne sais pas quoi dire. Tous les matches ont été difficiles et il n'en reste plus qu'un", a poursuivi l'Italienne, tête de série n°21, qui a éliminé aux tours précédents notamment deux anciennes lauréates, Ana Ivanovic et Svetlana Kuznetsova, puis la dixième joueuse mondiale, Angelique Kerber.

UNE CERTAINE INDÉPENDANCE VIS-À-VIS DE SCHIAVONE

Priée de livrer ses états d'âme quant à ce fantastique tournoi 2012 pour elle, l'Italienne a semblé incrédule, à la limite dépassée par les événements.

"Je ne m'attendais pas à tout ça. Je ne me sens pas dans la peau d'une joueuse qui est dans le Top Ten. Très honnêtement, c'est une sensation très bizarre", a-t-elle commencé par dire.

Lucide sur son état de grâce cette saison, avec trois titres à la clé sur terre battue (Acapulco, Barcelone et Budapest), Sara Errani a toutefois expliqué être quelque peu désarçonnée par sa performance parisienne, qui du coup, va nécessairement l'obliger à envisager sa carrière désormais d'une manière différente.

"Peut-être que mon problème a toujours été que je n'ai jamais réussi à croire vraiment que je pouvais battre les très grandes joueuses. J'en ai battu trois d'affilée. Je suis en finale d'un Grand Chelem. Il va falloir que je commence à réfléchir autrement", a-t-elle analysé.

Deuxième Italienne à disputer la finale de Roland-Garros en trois ans, après les deux participations successives de Francesca Schiavone, victorieuse en 2010 et finaliste malheureuse l'an passé, Sara Errani revendique une certaine indépendance par rapport aux résultats passés de sa compatriote Porte d'Auteuil.

Depuis le début de la quinzaine, à chaque fois que lui a été posée la question de savoir si elle considérait Francesca Schiavone comme un modèle, Sara Errani a poliment rejeté l'idée d'un quelconque sentiment de filiation.

Jeudi, elle a offert cette réponse à la presse qui la sondait pour une énième fois sur ce sujet: "Moi, je pense surtout à jouer. Le plus important pour moi est de jouer mon jeu, d'essayer de rester dans le court le mieux que je peux sans trop réfléchir à ce que je fais parce que cela n'aide pas".

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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