Roland-Garros: Rafael Nadal, le retour triomphant

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LE RETOUR TRIOMPHANT DE RAFAEL NADAL
LE RETOUR TRIOMPHANT DE RAFAEL NADAL

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - La victoire de l'Espagnol Rafael Nadal sur David Ferrer en finale de Roland-Garros, dimanche, couronne le retour spectaculaire d'un joueur qui a passé sept mois loin des courts.

L'ancien numéro un mondial a disparu du circuit entre sa défaite au deuxième tour de Wimbledon 2012 et le tournoi de Vina del Mar au Chili en février de cette année à cause d'une blessure au genou.

Et maintenant qu'il est revenu au sommet du tennis mondial, il ne s'interdit rien, y compris de triompher une troisième fois sur le gazon londonien le mois prochain et de redevenir numéro un au classement ATP.

"Il y a cinq mois, personne au sein de mon équipe ne rêvait à un retour comme celui-ci, parce que nous pensions que c'était impossible", a-t-il dit à la presse après son huitième sacre à Roland-Garros.

Cette nouvelle consécration tient d'autant plus du prodige qu'aucun joueur avant lui n'avait régné pendant si longtemps sur un tournoi du Grand Chelem, pas même Roger Federer et Pete Sampras, sacrés sept fois à Wimbledon.

Il en est presque incrédule incrédule : "Je ne sais pas comment on a fait pour pouvoir revenir ici, parce que nous ne nous sommes pas beaucoup entraînés pendant cette période de sept mois, en termes de tennis."

Il faut dire qu'il n'a pas retrouvé tout de suite les réflexes qui ont fait de lui l'un des plus jeunes vainqueurs de Roland-Garros de l'histoire, en 2005, à 19 ans.

"Mes mouvements au début étaient très mauvais. Pendant les premières semaines, ils n'étaient pas bons du tout", s'est-il souvenu dimanche.

Résultat, il a chuté en finale de son premier tournoi post-blessure, au Chili, contre le 73e joueur mondial, l'Argentin Horacio Zeballos.

Et puis il s'est passé quelque chose, quelque chose comme un déclic: "Après quelques semaines, j'ai commencé à bien bouger, à bouger avec la bonne intensité. Mon tennis était revenu."

Après l'accroc du Chili, Rafael Nadal a réalisé une razzia sur tous les tournois qu'il a disputés, à l'exception du Masters 1.000 de Monte-Carlo où il s'est heurté au numéro un actuel, le Serbe Novak Djokovic.

VIRTUELLEMENT N°1 MONDIAL

"J'ai d'abord gagné un tournoi 250, puis un 500, puis un Masters 1000. Restait à gagner un tournoi du Grand Chelem. C'est arrivé aujourd'hui, c'est une grosse satisfaction personnelle." Sept titres au total, Roland-Garros compris.

Jamais il n'avait réussi un début de saison aussi tonitruant, même en 2005 quand il avait fini l'année avec 11 titres en poche - jusqu'à présent le meilleur total de sa carrière.

Ses rivaux, qui attendaient de voir à quoi ressemblerait le Nadal nouveau après ses sept mois de galère, ont pu constater qu'il n'était pas sorti affaibli de son repos forcé, loin de là.

"Il est plus costaud", a commenté le Suisse Roger Federer pendant la quinzaine. "Il n'est plus le garçon, c'est maintenant un homme. Il a l'expérience de cela. Il a eu une sacrée évolution, les résultats sont là pour le prouver aussi."

Constat similaire pour le Français Jo-Wilfried Tsonga: "Il a pris de la masse musculaire. C'est un joueur qui est plus robuste encore ce qu'il était avant."

Les premiers mois de l'année permettent aujourd'hui à Rafael Nadal de figurer en tête de la Race, le classement qui court de janvier à janvier, devant Novak Djokovic et tous les autres candidats au trône.

Premier alors qu'il n'a disputé ni l'Open d'Australie, ni le Masters 1.000 de Miami.

Autant dire qu'il peut désormais espérer redevenir le véritable numéro un mondial comme il le reconnaît lui-même, même s'il prend un grand luxe de précautions pour évoquer la question et affirme qu'il n'en a pas fait un objectif majeur.

"Je peux redevenir numéro un mondial si je continue à jouer à ce niveau, si je ne me blesse pas. Mais ce n'est pas sûr à 100%", a-t-il dit après avoir montré à David Ferrer qui était le patron de la terre battue (6-3 6-2 6-3).

Tout mis bout à bout, Rafael Nadal est déjà resté pendant deux ans - moins deux semaines - à la première place du classement ATP qu'il a abandonnée en juin 2011 au Serbe Novak Djokovic.

"Être numéro un mondial procure beaucoup de joies, mais s'agit-il du plus haut degré dans la carrière d'un athlète ? Non", a-t-il également dit.

"Bien sûr, tout le monde préfère être numéro un plutôt que numéro quatre. Mais quand je me lève le matin, je ne suis pas plus heureux si je suis numéro un."

Edité par Grégory Blachier

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