Roland-Garros: Rafael Nadal et Novak Djokovic vers le sommet

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NOVAK DJOKOVIC S'IMPOSE FACE À TOMMY HAAS
NOVAK DJOKOVIC S'IMPOSE FACE À TOMMY HAAS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - C'était écrit. Le sommet du tennis mondial entre Rafael Nadal et Novak Djokovic aura lieu en demi-finale de Roland-Garros et l'un comme l'autre sont affûtés.

Ce ne sera peut-être pas le faîte du tournoi parisien dont tout le public ou presque espère un Français en finale, et Jo-Wilfried Tsonga, qui disputera sa place face à l'Espagnol David Ferrer, peut être celui-là.

Cela n'en restera pas moins l'affiche que Roland-Garros a dans un premier temps redouté - l'idée de protéger Nadal au tirage a été brièvement évoquée -, et espéré au fil des tours.

Le tournoi féminin a aussi dessiné des demi-finales quasi idéales: après la numéro un mondiale Serena Williams et la numéro cinq Sara Errani, finaliste il y a un an, les dauphines de l'Américaine au classement ont pris place dans le carré d'as.

Ce fut très laborieux pour Maria Sharapova, la tenante du titre, qui, sous le soleil du début d'après-midi, a copieusement arrosé le Central et s'est noyé dans le premier set, perdu 6-0 par sa faute - elle en a commis 20 directement.

Ce fut un peu moins difficile pour Victoria Azarenka (n°3), passée en deux sets, même si son service laisse encore à désirer.

La route de Nadal et Djokovic ne fut en rien accidentée.

L'Espagnol, ballotté aux trois premiers tours, atteint comme souvent à Paris son pic de forme au meilleur moment.

Il a fait passer Stanislas Wawrinka, dixième mondial et considéré à juste titre comme l'un des meilleurs joueurs de terre battue du circuit, pour un vulgaire porteur d'eau.

Le Suisse n'avait pas avancé de deux mètres qu'il était renvoyé au fond du court, à devoir tout recommencer pour tenter de décramponner le Majorquin, trop vif, trop rapide, trop puissant, même pour lui.

"En face, c'était Nadal", a résumé Wawrinka. Et le meilleur Nadal, aurait-il pu, ou dû, ajouter.

SHARAPOVA SANS FILET

L'Espagnol, lui, sait trop bien que le sommet est encore loin. Pour y parvenir, il devra battre Novak Djokovic, le seul joueur à lui poser régulièrement des problèmes sur sa terre.

Le Serbe a connu une ascension tranquille face à Tommy Haas, ce vétéran qui a un jour tutoyé les cimes - il a été numéro deux mondial -, mais n'a jamais planté son drapeau nulle part, ayant toujours échoué aux portes des finales majeures.

Djokovic et Nadal vont s'affronter pour la 35e fois vendredi avec, chacun, l'idée de s'ouvrir la route de l'histoire du jeu : le Serbe peut conquérir le seul Grand Chelem qui manque à son palmarès, le Majorquin devenir le premier homme à gagner huit fois le même.

Les deux hommes étaient en finale l'an dernier et le succès du second avait ménagé cet apogée qui ne sera en réalité, puisqu'il restera une marche à gravir, qu'une étape.

Maria Sharapova a, elle, réussi l'année dernière ce que Djokovic convoite encore - conquérir les quatre sommets du jeu.

Elle défendra son bien jeudi en demi-finale parce qu'elle a su éviter la chute après s'être retrouvée sans filet face à une Jelena Jankovic pourtant dans ses cordes.

Pendant plus d'une demi-heure, la Serbe n'a eu qu'à regarder les balles retomber ici dans le couloir, là derrière la ligne de fond, parfois bien au-delà. Sharapova lui a donné la première manche, Jankovic l'a prise.

Puis la Russe s'est souvenue que dans les ultimes mètres, la tête permet de faire ce que le bras ou les jambes refusent.

Elle s'est encouragée sur chaque point, a multiplié les cris comme des échos à chaque frappe, a redoublé d'intensité et a fini par renverser une petite montagne: jamais elle n'avait gagné un match après avoir cédé le premier set 6-0.

En demi-finale, il lui faudra tout de même trouver plus vite la bonne voie face à Azarenka, qui mène dans leur face-à-face.

La Biélorusse n'est pas toujours très assurée mais elle connaît de mieux en mieux ce terrain ocre et ses difficultés. Et elle aussi peut ambitionner de s'inviter, après deux victoires de suite à l'Open d'Australie, à un nouveau sommet.

Edité par Jean-Philippe Lefief

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