Roland-Garros: Rafael Nadal écrit l'histoire avec un 8e titre

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RAFAEL NADAL S'IMPOSE POUR LA HUITIÈME FOIS À ROLAND-GARROS
RAFAEL NADAL S'IMPOSE POUR LA HUITIÈME FOIS À ROLAND-GARROS

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - L'Espagnol Rafael Nadal a réussi dimanche à Roland-Garros ce qu'aucun joueur de tennis n'avait fait avant lui, ni à Paris ni ailleurs, remporter huit fois le même tournoi du Grand Chelem.

Le meilleur joueur de l'histoire sur terre battue, déjà entré dans la légende de ce Majeur il y a un an lorsqu'il avait dépassé le Suédois Björn Borg au nombre de sacres, a battu son compatriote David Ferrer en finale sur le Central (6-3 6-2 6-3).

Rafael Nadal fait désormais mieux, à 27 ans, que deux de ses plus illustres aînés, le Suisse Roger Federer et l'Américain Pete Sampras, couronnés chacun sept fois à Wimbledon.

Un autre chiffre: sur les 60 matches qu'il a disputés en neuf ans sur la terre battue parisienne, il n'en a perdu qu'un, contre le Suédois Robin Söderling en huitièmes de finale de l'édition 2009.

Mais à voir son émotion à la fin du match, les larmes au bord des yeux après la remise du trophée, il n'est pas encore tout à fait repu de succès après ce 12e sacre en Grand Chelem - pour 17 finales disputées.

"C'est l'un des plus particuliers pour moi", a dit Nadal, une fois la finale expédiée. "Je n'aurais jamais pensé que quelque chose comme ça puisse arriver."

"Merci à tous ceux qui sont à mes côtés (...) On a eu des moments compliqués, si ces personnes n'avaient pas été là chaque jour... Chaque personne qui me soutient m'a apporté une énergie positive."

GOÛT DIFFÉRENT

Ce nouveau triomphe a un goût différent pour Rafael Nadal, qui était empêché de jouer il y a encore six mois par un genou trop fragile.

Il a dû passer son tour aux Jeux olympiques de Londres et à l'US Open en 2012 puis à l'Open d'Australie cette année. Mais pas à Roland-Garros, sa terre depuis la fin de l'adolescence.

Visage moins poupon, allure moins pressée: "Rafa" n'est plus tout à fait le même homme qu'en 2005, quand il a déboulé à Paris et empoché son premier titre, mais il continue à donner cette impression de flotter au-dessus du commun des joueurs.

Car il finit - quasiment - toujours par gagner, même contre le numéro un mondial, Novak Djokovic, en demi-finale, même en finale contre l'un des joueurs les plus réguliers de la planète, David Ferrer, cinquième à l'ATP.

Le candidat au putsch a servi de simple hochet, bringuebalé d'un bout à l'autre du court, le plus souvent rejeté à deux mètres de sa ligne. Il a dû se contenter de jouer dans la limite de ses moyens humains. Loin d'être suffisant.

Le moins médiatique des deux Espagnols a tout de même empoché les quatre premiers points du match sur son service. Avant de plier sous les coups de son adversaire qu'il n'a battu que quatre fois, en 24 matches.

Rafael Nadal a ensuite pris la mise en jeu de David Ferrer sur sa première balle de break pour mener 2-1, un avantage qui n'a pas tenu très longtemps.

Dans la foulée, le plus âgé des deux finalistes a réussi à prendre son cadet à la gorge pour refaire son break de retard et revenir à 2-2 puis mener 3-2.

FERRER DANS L'OMBRE

Mais, sous les yeux du sprinteur jamaïcain Usain Bolt, venu pour remettre la Coupe des Mousquetaires, ce marathonien des courts n'a pas tenu la distance, repoussé dans le fond du terrain par la puissance du bras gauche de Rafael Nadal.

Deux breaks plus tard, le Majorquin a empoché la première manche 6-3. L'agonie de David Ferrer s'est prolongée dans le set suivant, lors duquel Rafael Nadal a mené 5-1 puis 6-2.

A cet instant du match, la nouvelle consécration de l'ancien numéro un mondial était inévitable, selon un scénario à peine perturbé dans le deuxième set par des manifestants, dont l'un s'est introduit sur le court.

La troisième manche a repris comme la deuxième s'était achevée, nettement à l'avantage de Rafael Nadal, qui s'est imposé sur sa première balle de match après 2h16 de jeu.

David Ferrer, qui n'avait jamais disputé de finale en Grand Chelem, est retourné là où il a pris l'habitude d'évoluer depuis ses débuts professionnels il y a treize ans, dans l'obscurité.

"Ces deux semaines, j'ai joué un excellent tennis mais je voudrais féliciter Rafael. Il mérite ce qui lui arrive", a dit le tombeur de Jo-Wilfried Tsonga, qui n'avait perdu aucun set durant la quinzaine avant de croiser la route de Nadal.

Rafael Nadal, lui, est resté dans la lumière. Pas plus que David Ferrer, les nuages menaçants qui planaient encore au-dessus du court Philippe-Chatrier lors de la remise de son trophée n'ont pu lui faire d'ombre.

Edité par Grégory Blachier

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