Roland-Garros: Nicolas Mahut s'offre son heure de gloire à Paris

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Roland-Garros: Nicolas Mahut s'offre son heure de gloire à Paris
Roland-Garros: Nicolas Mahut s'offre son heure de gloire à Paris

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - A 30 ans, le Français Nicolas Mahut s'est offert dimanche à Roland-Garros l'un des plus beaux moments de sa carrière en faisant rouler sur l'ocre parisienne la tête d'un ancien numéro un mondial, celle d'Andy Roddick.

Certes, il ne s'agissait pas du magnifique joueur qu'était l'Américain en 2003, année où le redoutable serveur avait remporté l'US Open puis terminé la saison en tête du classement ATP.

Mais pour Nicolas Mahut, vainqueur en quatre sets (6-3 6-3 4-6 6-2), ce détail importait peu à l'heure de s'exprimer après sa victoire, tant ses yeux, remplis de bonheur, en disaient long sur les sentiments qui l'habitaient à ce moment précis.

"C'est mon 10e tableau final à Roland-Garros. Jusqu'ici, j'avais perdu huit fois au premier tour et une fois au deuxième. J'espérais vivre un grand moment comme ça un jour, sur un grand court. A 30 ans, ce moment est venu", a expliqué l'Angevin en conférence de presse.

En plus de s'imposer pour la première fois sur "un grand court", comme il s'est plu à le répéter, Nicolas Mahut a par ailleurs rompu un signe indien, celui de perdre systématiquement à chaque fois que sa raquette croisait celle d'Andy Roddick.

"Dans toute ma carrière, j'ai dû le jouer sept ou huit fois en comptant les juniors, et à chaque fois, j'ai toujours perdu, même en finale du Queen's, après avoir eu une balle de match", s'est-il souvenu.

"JE POURRAI ARRÊTER DE ROUCOULER"

"J'étais un peu son pigeon (...) Aujourd'hui, quand je le verrai dans les vestiaires, je pourrai arrêter de roucouler", a-t-il ajouté, un large sourire à l'appui.

Nicolas Mahut s'est révélé au grand public en 2010, à Wimbledon, en disputant le match le plus long de l'histoire du tennis professionnel contre John Isner.

Après 11 heures et cinq minutes de jeu, le Français avait fini par s'incliner 70-68 face à l'Américain dans un match de tous les records: durée, nombre de jeux et de points inscrits, nombre d'aces réalisés.

Depuis, ce match-marathon lui colle à la peau et reste son principal fait d'armes.

Conscient de ses limites, le Français a décidé de jouer cette année libéré et de faire valoir un jeu d'attaquant, quitte à s'exposer.

"Pour moi, tous les matches sur terre battue sont compliqués (...) Il faut que j'attaque, c'est ma seule chance de gagner des matches. J'aurais peut-être dû le faire il y a dix ans", a-t-il analysé.

Loin des sourires de Nicolas Mahut, la moue d'Andy Roddick contrastait sévèrement.

Lucide sur la qualité de son jeu, l'Américain n'a pas pris de détours à l'heure de dresser le bilan de son match.

"J'ai remporté le troisième set et j'étais en avance d'un break. Ensuite, tout a mal tourné pour moi. En même temps, je ne me faisais guère d'illusions après avoir perdu les deux premiers sets. Quand on perd les deux premiers sets, c'est toujours plus difficile", a-t-il expliqué.

"Ici, sur terre battue, on ne peut pas cacher les choses. C'est le plus grand tournoi au monde sur terre battue. C'est un tournoi très difficile. On ne peut pas mentir. La condition physique est essentielle. Je ne me suis pas senti très bien physiquement, avec un mauvais jeu de jambes", a-t-il résumé.

Olivier Guillemain, édité par Chrystel Boulet-Euchin

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