Roland-Garros: Nadal terrasse Djokovic pour une huitième finale

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RAFAEL NADAL SE QUALIFIE POUR SA HUITIÈME FINALE À ROLAND-GARROS
RAFAEL NADAL SE QUALIFIE POUR SA HUITIÈME FINALE À ROLAND-GARROS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Rafael Nadal s'est qualifié vendredi pour sa huitième finale à Roland-Garros au sortir d'un combat épique de plus de quatre heures et demie contre le numéro un mondial, Novak Djokovic.

L'Espagnol s'est imposé 6-4 3-6 6-1 6-7 9-7 en 4h37 et peut devenir dimanche le premier joueur de l'histoire à remporter huit fois le même titre du Grand Chelem.

Quasi invincible sur la terre battue parisienne, où il n'a cédé qu'une fois en 59 matches, en huitièmes de finale en 2009 contre Robin Söderling, il rencontrera en finale l'Espagnol David Ferrer (n°4) ou le Français Jo-Wilfried Tsonga (n°6).

Pour s'offrir cette huitième finale en neuf participations, Rafael Nadal est sorti debout d'un Central où les actuels deux meilleurs joueurs du monde se sont rendu coup pour coup.

Leur 35e confrontation - un record dans l'ère Open, l'égal des duels Jimmy Connors-John McEnroe et Connors-Ivan Lendl -, a tenu toutes ses promesses et donné un peu plus de regrets à ceux qui déploraient de ne pas les voir se disputer le trophée en finale.

Il a rappelé à bien des égards leur affrontement de près de six heures en finale de l'Open d'Australie 2012, la plus longue de l'histoire des Grands Chelems, remporté 7-5 au cinquième set par Djokovic.

"Je me suis vraiment beaucoup battu. En 2012, en Australie, c'était un peu le même match mais Novak avait gagné. Aujourd'hui, c'est moi. C'est ce qui rend ce sport si beau", a dit Nadal sur le court après avoir laissé éclater sa joie.

Le Majorquin avait rarement rencontré si forte opposition sur ce court où tout lui réussit depuis sa première apparition, et son premier triomphe, en 2005.

S'il avait battu Djokovic 19 fois contre 15 avant cette demi-finale et quatre fois sur quatre à Roland-Garros, il restait sur une défaite en finale du tournoi de Monte-Carlo, l'un des haut lieux de son écrasante domination de l'ocre.

LE HURLEMENT DE DJOKOVIC

De ce revers, Nadal avait retenu qu'il fallait agresser le Serbe comme lui-même l'avait été il y a un mois et demi.

L'Espagnol a donc attaqué fort, infligeant au numéro un mondial son lift puissant, l'obligeant à reculer et à frapper la balle au-dessus de l'épaule. Conquérant, Nadal fit le break au septième jeu et remporta la première manche.

Le Serbe, auteur de trop nombreuses fautes directes - il en commettra au total 75 dont les deux dernières lui coûteront le match -, était à la peine, incapable de déborder Nadal.

Mais Djokovic peut puiser au fond de lui-même des ressources sans égales. Breaké à 2-2 dans le deuxième set, il se fit violence, asséna des gifles de coup droit à l'envi, dont une accompagnée d'un hurlement de rage pour mener 5-3, et prit le set.

Cet influx lui manqua dans la troisième manche. Nadal l'empocha facilement, sous le regard impuissant de son rival. Djokovic stoppa l'hémorragie, brièvement seulement. A 3-3 dans la quatrième manche, il concéda un nouveau break qui paraissait cette fois être de trop.

Mais il sut revenir immédiatement au prix d'un superbe jeu de retour. Nadal reprit sa mise en jeu à 5-5 et servit pour le match, puis le numéro un mondial s'offrit un tie-break qu'il domina de la tête et des épaules.

Ce fut alors au tour du Majorquin de flancher, laissant Djokovic aller chercher un break dans le premier jeu du dernier set et le confirmer. A 2-0, le Serbe filait vers ce qui, même pour un numéro un mondial, aurait relevé de l'exploit.

Mais ce cinquième set devait être à la hauteur de l'affiche et il le fut, haletant de bout et bout et le K.O. imminent de chaque côté pendant plus d'une heure et vingt minutes.

Même mené, l'Espagnol ne cessa jamais de cogner, de courir pour défendre les points les plus désespérés et de forcer le Serbe à frapper la balle de trop. Il revint à hauteur au huitième jeu, profitant d'une énième faute de Djokovic.

"Je le félicite parce qu'il a montré pourquoi il était un champion", a dit Djokovic en conférence de presse. "C'est pour ça qu'il règne sur Roland-Garros depuis tant d'années."

Dès lors, Nadal fit en effet la course en tête et Djokovic, qui venait d'avoir un échange houleux avec l'arbitre, rendit les armes sur deux ultimes erreurs en coup droit.

Edité par Simon Carraud

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