Roland-Garros: Maria Sharapova, pour l'amour du tennis

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Roland-Garros: Maria Sharapova, pour l'amour du tennis
Roland-Garros: Maria Sharapova, pour l'amour du tennis

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Se définissant comme une véritable amoureuse du tennis, Maria Sharapova a expliqué avoir vécu le plus beau moment de sa carrière en remportant samedi la finale de Roland-Garros.

Avant d'être couronnée sur l'ocre parisienne face à l'Italienne Sara Errani, la Russe comptait déjà trois titres en Grand Chelem: Wimbledon 2004, l'US Open 2006, et l'Open d'Australie 2008.

Oui, mais voilà, pour être une championne accomplie et devenir la dixième joueuse de l'histoire du tennis à remporter au moins une fois chaque tournoi majeur, il lui fallait encore s'imposer à Paris.

"C'est tout simplement irréel, c'est le moment le plus extraordinaire de ma carrière, le plus précieux. Je n'avais jamais vécu ça avant et je ne pensais pas le vivre un jour", a expliqué Maria Sharapova en conférence de presse, un large sourire égayant son visage.

"Quand j'ai gagné Wimbledon à 17 ans, j'ai pensé que cela resterait le plus beau moment de toute ma carrière. Mais quand j'ai posé les genoux à terre aujourd'hui, je me suis rendue compte à quel point ce moment était spécial, unique", a-t-elle poursuivi.

Numéro un mondiale en 2005, puis en 2008, Maria Sharapova a vécu une sorte d'enfer après cette année dorée en se blessant gravement à l'épaule et en tombant dans les bas fonds du classement WTA, dans l'incapacité de défendre ses points.

Il a lui a fallu du courage et beaucoup d'opiniâtreté pour redevenir la grande championne que l'on connaît et qui sera, lundi, la nouvelle patronne du circuit féminin.

De son propre aveu, ce qui lui a permis d'avancer n'est autre que l'amour du tennis.

"J'ai pris beaucoup de coups dans ma carrière mais je me suis toujours relevée et je n'ai jamais essayé de me trouver des excuses", a-t-elle expliqué.

"NE PAS ÉCOUTER CES PETITES VOIX"

"J'ai beaucoup de fierté à faire ce que je fais. J'adore mon travail, j'adore mon boulot, je l'ai toujours dit. J'adore jouer au tennis. J'ai eu des bas dans ma carrière et j'aurais très bien pu dire: 'Ça va! Je suis célèbre, j'ai de l'argent, j'ai gagné des tournois du Grand Chelem, j'arrête'", a-t-elle poursuivi.

"Mais quand vous aimez quelque chose, vous vous levez le matin, et même si ça gèle dehors, si vous savez que vous allez vivre une journée difficile où rien ne va fonctionner, même si ce jour-là vous n'avez pas vraiment la foi, que vous vous sentez insignifiante, il suffit de ne pas écouter ces petites voix. En faisant ça, on peut accomplir de très grandes choses."

Et si la Russe est aussi revenue à son meilleur niveau, c'est aussi à force de travail.

Celle qui comparait jadis ses déplacements sur la terre battue à ceux d'une "vache sur la glace" a d'ailleurs fait d'immenses progrès sur cette surface sans lesquels elle n'aurait jamais pu remporter cette année les tournois de Stuttgart, de Rome et de Roland-Garros.

"Il n'y a pas eu de véritable déclic. C'est à force de travailler que j'en suis arrivée là. Je me suis beaucoup améliorée physiquement, je suis beaucoup plus à l'aise. Déjà l'année dernière et l'année d'avant, je sentais que j'étais capable de jouer des échanges plus longs", a-t-elle analysé.

Au chapitre des anecdotes, la Russe a raconté qu'après s'être blessée à l'épaule, une des premières choses qu'elle avait faite avait été de prendre des cours de français.

Samedi, à l'heure de s'exprimer dans la langue de Molière juste après avoir reçu la coupe Suzanne-Lenglen des mains de l'ancienne numéro un mondiale Monica Seles, il a semblé que les choix de carrière de Maria Sharapova, s'avèrent très souvent, voire toujours, judicieux.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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