Roland-Garros: Lucas Pouille, le calme après la ola

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LUCAS POUILLE S'IMPOSE
LUCAS POUILLE S'IMPOSE

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Gagner un match à Roland-Garros n'est pas donné à tout le monde, Lucas Pouille a réussi cet exploit à sa première tentative, mardi, à l'âge de 19 ans mais il l'a commenté avec un calme et une sérénité qui rendaient son aventure presque banale.

Classé numéro deux mondial junior et 324e à l'ATP, le jeune Français est déjà suffisamment considéré comme un espoir du tennis français pour avoir été un des bénéficiaires d'une des huit invitations à entrer dans le tableau principal.

Il n'a pas raté l'occasion de confirmer son statut en imposant joliment et en trois sets (6-1 7-6(2) 6-2) son jeu plus proche de celui de Gilles Simon que de celui de Gaël Monfils face à l'Américain Alex Kuznetsov, 171e mondial à 26 ans.

Ses boucles blondes cachées sous une casquette blanche, Lucas Pouille a immédiatement trouvé un public si l'on en juge par les olas et les chants qu'il a fait se lever dans les gradins du modeste court n°7 sous un soleil retrouvé.

Mais là où il le plus surpris, c'est peut-être par la façon dont il n'a semblé être impressionné par rien, ni par la pluie qui a retardé puis interrompu son match, ni par le public, ni par le nombre des journalistes qui l'attendaient pour sa conférence de presse.

Tout juste a-t-il reconnu qu'il était "un peu tendu hier soir" avant de souligner qu'il avait préparé son affaire à la perfection avec son entraîneur du Centre national d'entraînement (CNE) de Roland-Garros, Emmanuel Planque.

"Avec Manu, on a beaucoup parlé, il a su trouver les mots pour me permettre de rentrer en confiance sur le court et c'est ce qui s'est passé", a-t-il dit.

L'attente de plus de deux heures provoquée par la pluie en fin de matinée puis l'interruption d'un peu plus d'une heure alors qu'il venait de gagner les deux premiers sets ne l'ont pas déstabilisé.

"On savait que ce serait un jour compliqué, qu'il pleuvrait. Ça m'a fait du bien de retourner au vestiaire en menant deux sets à zéro. Quand je suis revenu, j'étais gonflé à bloc", a-t-il expliqué.

"DIMITROV ? C'EST GÉNIAL"

Le public ne pouvait que "l'aider", a-t-il souligné, parce qu'il y avait une trentaine de proches et d'amis au bord du court et parce qu'il avait eu l'expérience de jouer avec Jo-Wilfried Tsonga sur le Central, devant 16.000 personnes, lors d'une exhibition avant le début du tournoi.

De son match, il a dit n'avoir eu qu'un moment d'inquiétude quand son adversaire est revenu et lui a pris son service pour mener 5-2 dans le deuxième set.

"J'ai été un peu moins agressif. Quand je retourne à ma chaise, je me dis qu'il faut remettre beaucoup d'intensité, repartir en avant et diriger l'échange. Dès que j'ai fait ça, j'ai gagné la plupart des points."

De sa formation, il a expliqué qu'il lui semblait impossible de "faire plus filière fédérale que ça".

"Je suis parti à l'âge de 12 ans et demi à Poitiers au Pôle France, j'ai passé trois ans là-bas puis à l'INSEP j'ai passé trois ans. Cette année, je suis rentré au CNE."

Pour décrire ses sentiments après sa victoire, il n'est pas allé plus loin qu'un: "C'était une première dans le tableau, c'est une première victoire, c'est fabuleux. Quand j'ai fini le match j'étais vraiment heureux".

Et interrogé sur son prochain adversaire Grigor Dimitrov, valeur montante du circuit à 22 ans, il a répondu: "C'est génial, c'est une tête de série, il est très en forme, il a failli battre Nadal à Monte-Carlo. Même s'il est favori, je vais me préparer."

La démonstration de calme était telle qu'un journaliste a éprouvé le besoin de lui demander s'il était toujours comme ça. "Vous voulez savoir si je pète parfois un câble ?", a-t-il dit.

"Quand on est entre amis, ça m'arrive de disjoncter un peu, de faire le con mais je suis naturellement calme, ça doit venir de ma mère parce que mon père c'est le contraire. Je ne suis pas quelqu'un d'extraverti qui va faire des bêtises partout."

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