Roland-Garros-Gasquet est bien inspiré

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Roland-Garros-Gasquet est bien inspiré
Roland-Garros-Gasquet est bien inspiré

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Enfant prodige du tennis français, Richard Gasquet a souvent regretté d'être l'objet de toutes les attentions mais son impitoyable performance, samedi, à Roland-Garros, n'a rien fait pour les minimiser.

Au sortir d'un premier set très disputé, le Biterrois a pris l'entier contrôle de son troisième tour contre le qualifié allemand Tommy Haas, vétéran de 34 ans dont le bras magnifique l'avait porté à la deuxième place mondiale en 2002.

En deux heures et 25 minutes - une heure pour la manche initiale - le Français a fait voler son adversaire en éclats 6-7 6-3 6-0 6-0.

Après le match, Gasquet s'est amusé à l'évocation du dernier homme ayant infligé un 6-0 à Haas à Paris. C'était en 2009, l'auteur de la roue de bicyclette s'appelait Roger Federer et il avait gagné le tournoi.

"Oui, oui, je suis inspiré", a souri le Français avant d'égrener les noms des futures étapes - l'une certaine, Murray, quatrième mondial, les autres possibles sur la route du titre.

"Il y a Murray, après Ferrer je crois, puis Nadal et enfin Djokovic. Je suis inspiré mais il y a de beaux joueurs..."

Longtemps, le public, la presse et avec eux l'ensemble du tennis français ont espéré que Gasquet se mêle à ces joueurs-là plutôt qu'à la meute qui passe son temps à les chasser sans les atteindre ou si rarement.

Après sa démonstration de samedi, l'enthousiasme pourrait encore monter d'un cran mais la tête de série n°17 est habituée.

"Depuis que je suis né on s'emballe, déjà dans la poussette... A 16 ans, j'étais un génie. On est moins emballé aujourd'hui", a-t-il souri

Il n'en reste pas moins qu'il était satisfait.

Une fois passé ce premier set où Haas "jouait très bien, servait bien, a fait un super tie-break", Gasquet a pris la main dans ce duel de spécialistes du revers.

"Ça m'a fait du bien de breaker au deuxième. J'avais un peu de stress et ça m'a libéré le champ. Je fais un grand match après, je fais de grands coups au troisième, des coups énormes sur la fin", a-t-il dit.

Aurait-il lui aussi cédé aux excès qui accompagne depuis une dizaine d'années le "Petit Mozart" des courts tricolores ? Non, a-t-il assuré, il est simplement frais et en confiance après avoir battu un autre surdoué, Grigor Dimitrov, au deuxième tour.

"Je suis mieux que l'an dernier, mentalement, physiquement (ndlr: défaite face à Djokovic en huitièmes). Je ne suis pas favori au prochain tour mais je vais faire un grand match, a-t-il dit. Il faudra être offensif, repousser (Murray) et quand la balle sera courte, il faudra y aller."

Il l'avait déjà fait au Masters 1000 de Rome, revenant après la perte du premier set pour mater l'Ecossais. De quoi aiguiser ses ambitions. "La deuxième semaine, ce n'est pas une finalité. J'arriverai à 100% physiquement lundi", a-t-il prévenu.

Edité par Jean-Paul Couret

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