Roland-Garros: Gaël Monfils impressionne les connaisseurs

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LE JEU DE GAËL MONFILS SALUÉ PAR LES PLUS GRANDS DU TENNIS
LE JEU DE GAËL MONFILS SALUÉ PAR LES PLUS GRANDS DU TENNIS

par Eric Salliot

PARIS (Reuters) - La sensationnelle victoire en cinq sets et quatre heures de Gaël Monfils sur le Tchèque Tomas Berdych, tête de série n°5, lundi au premier tour de Roland-Garros, n'a pas laissé insensibles les connaisseurs du jeu.

Henri Leconte, finaliste sur la terre parisienne en 1988, a déjà trouvé un surnom à Monfils, qui renaît de ses cendres après une année gâchée par les blessures - il avait manqué le tournoi l'an dernier et a un moment été renvoyé au-delà de la centième place mondiale.

"Je l'appelle le mutant. Il n'y en a qu'un comme lui, capable de revenir ainsi après une période noire. C'est comme s'il enfilait une seconde peau dès qu'il foule le Central", a dit Leconte à Reuters.

Henri Leconte, qui fut surnommé "le vengeur masqué" par Yannick Noah pour son parcours inespéré en 1992 où il avait atteint les demi-finales, a noté que Gaël Monfils savait comme personne de servir de l'énergie du court Philippe-Chatrier.

"À 4-4 au cinquième set, il a fait comprendre au public : 'je suis mort, aidez-moi !' C'est ce que fait aussi, à un degré moindre, Jo-Wilfried Tsonga. Et c'est ce que devrait faire Richard Gasquet", a ajouté Leconte.

Lionel Roux, entraîneur de l'équipe de France de Coupe Davis, était plutôt amusé par la performance du Parisien, 81e mondial au début du tournoi mais qui présente un beau bilan à Roland-Garros : une demi-finale en 2008 et deux quarts.

"Non, il ne m'a pas bluffé. Je me suis juste régalé à le voir. Je me souviens que l'an passé, je lui avais envoyé un texto qui disait : 'un Roland-Garros sans Gaël Monfils, c'est différent.'", raconte Roux.

"Quand on le retrouve dans cette fin de match, avec le public qui est dedans, c'est grisant pour tout le monde."

"TROUVER UNE PETITE BRÈCHE"

D'autant que Gaël Monfils fonctionne en autogestion, sans coach à ses côtés. L'expérience avec l'entraîneur fédéral Eric Winogradsky a tourné court et c'est simplement avec les "ondes positives" de son papa Rufin, arrivé de Guadeloupe vendredi, et de sa maman Sylvette, qui a pris des jours de congés pour soutenir son fils, qu'il avance.

"Vous savez qu'ils sont séparés ; bizarrement, c'est un des rares moments où je peux voir mes deux parents (ensemble)", a expliqué Gaël Monfils.

"De les voir réunis tous ensemble, avec des ondes positives, ça rend la chose incroyablement bien. C'est beau à voir pour moi. On est une famille soudée. On est dispatché partout mais on se retrouve à la même heure et au même endroit."

Ancien footballeur de haut niveau, Rufin Monfils a enfilé le survêtement avec plaisir et est venu des Antilles avec ses méthodes de récupération naturelles.

"J'avais très peur car il était revenu de Nice très fatigué. Au massage, on a essayé plein de choses. Mais c'est le mental qui a fonctionné. Le fait de discuter avec la famille, ça l'aide énormément. En plus, il vient depuis tout petit à Roland. Il a été élevé ici", souligne le papa.

Gaël Monfils a toujours rêvé d'un destin à la Yannick Noah, dernier vainqueur français porte d'Auteuil, il y a trente ans. Mais son deuxième tour ne s'annonce pas de tout repos face au Letton Ernests Gulbis, 40e mondial, qui vient de bousculer Rafael Nadal à Rome.

"Quand je regarde le tableau, je n'ai pas trop de réussite. Normalement, quand tu bats une grosse tête de série, ça s'ouvre...", a noté Gaël Monfils.

"Mais ce sont les aléas. A moi de montrer à Ernests qu'ici, je serai dur à battre. Il peut péter les plombs. À moi d'arriver à trouver une petite brèche."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Grégory Blachier

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