Roland-Garros: fortunes contrastées pour les soeurs Williams

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FORTUNES CONTRASTÉES POUR LES SOEURS WILLIAMS
FORTUNES CONTRASTÉES POUR LES SOEURS WILLIAMS

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Les soeurs Williams ont longtemps tenu le haut du pavé du tennis féminin mais aujourd'hui, si Serena continue de briller, occupe la place de numéro un mondiale et vise un nouveau sacre à Roland-Garros, sa soeur Venus semble plus près d'une fin de carrière que d'un nouveau titre du Grand Chelem.

Quelle saga que celle des deux Américaines dont le père annonçait dès leur plus jeune âge, au milieu des années 90, qu'elles seraient toutes deux, un jour, numéro un mondiale.

Quelques années plus tard, en 2002, les deux frangines se sont, pour la première fois, succédé à la tête de la hiérarchie internationale.

Aujourd'hui, Serena, 31 ans, semble armée pour soulever son 16e trophée dans un tournoi majeur alors que Venus, un an de plus et "seulement" sept Grands Chelems à son palmarès, paraît glisser doucement vers une fin de carrière.

Malgré blessures et problèmes de santé, coupure involontaire ou non avec le circuit, Venus est cependant toujours là et occupe le 30e rang mondial et espère encore une victoire de prestige.

Son parcours à Roland-Garros, qu'elle n'a jamais remporté, ne s'annonce cependant pas des plus simple, avec un éventuel troisième tour contre la Polonaise Agnieszka Radwanska, tête de série n°4, avant un quart contre Sara Errani, finaliste l'an passé.

SÉRÉNITÉ

Si elle parvenait à franchir ces étapes, elle devrait logiquement retrouver sa soeur qui, elle, continue d'affoler les compteurs, bien qu'elle se soit, comme son aînée, accordé des pauses ou qu'elle s'en soit vu infliger par son organisme.

Elle est actuellement sur une lancée de 24 victoires consécutives sur le circuit et le tirage au sort la même naturellement vers le dernier carré, si la logique sportive est respectée.

Serena reste sur quatre tournois remportés en autant d'épreuves disputées depuis le début de la saison sur terre battue, où elle a écoeuré les meilleures, comme Maria Sharapova, tenante du titre à Roland-Garros, ou Victoria Azarenka, qui avait terminé 2012 à la tête du classement WTA.

Et, à l'image de son prénom, elle affiche une belle sérénité à Paris où elle avait pourtant été battue l'an passé dès le premier tour par la Française Virginie Razzano et où elle ne compte qu'un succès, en 2002.

"Je me sens bien, je me sens assez bien pour faire face. Surtout ici... J'essaie de rester bien détendue, bien calme", a-t-elle dit en conférence de presse avant d'évoquer son statut de favorite.

UN TIENS VAUT MIEUX QUE DEUX TU L'AURAS

"Ca peut être un peu délicat effectivement. Heureusement, j'ai été tellement de fois dans cette situation dans de nombreux Grands Chelems que je le vis bien", a ajouté la championne olympique de Londres, en simple comme en double où elle s'est imposée au côté de sa soeur.

Alors qu'elle a régulièrement fait reparler d'elle dans les autres tournois majeurs, Roland-Garros reste celui où elle a connu le moins de réussite. Mais pour autant, cela ne semble pas la troubler outre mesure.

"Ce serait super de gagner une deuxième fois ce titre. Deux, c'est toujours mieux qu'un ! Mais un, c'est mieux que zéro !", a plaisanté l'Américaine désormais entraînée par le Français Patrick Mouratoglou.

Si le succès à Paris est loin d'être assuré, Serena Williams, qui déteste la défaite plus que tout, affiche en tout cas une jolie décontraction, qui pourrait la mener au plus haut.

"Quand je repense à certains matches d'il y a quelques années et que je vois ce que je fais maintenant, je crois que je suis enfin dans la zone de confort que j'ai toujours recherchée", a-t-elle prévenu.

Pas sûr que sa grande soeur soit dans le même état d'esprit, elle qui n'a disputé que cinq tournois cette année, atteignant par deux fois les demi-finales, à Florianopolis (Brésil) en février, puis à Charleston où elle fut écrasée par sa cadette.

Quoiqu'il en soit, toutes les deux feront leur début dimanche porte d'Auteuil, avec la victoire en ligne de mire pour l'impitoyable Serena, un but que peut difficilement s'être fixé Venus, qui évolue désormais dans l'ombre de sa soeur après avoir ouvert la voie.

Edité par Julien Prétot

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