Roland-Garros: deux géants et deux ambitieux en demi-finale

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JO-WILFRIED TSONGA FACE À DAVID FERRER
JO-WILFRIED TSONGA FACE À DAVID FERRER

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Pouvait-on rêver plus belle affiche que celle des demi-finales hommes de Roland-Garros, entre les deux finalistes de l'année dernière d'une part, entre un Français et l'un des hommes les plus réguliers du circuit d'autre part ?

Rafael Nadal-Novak Djokovic et Jo-Wilfried Tsonga-David Ferrer, deux matches que Guy Forget, membre du comité de pilotage du tournoi parisien, a accepté de décrypter pour Reuters.

"La première demi-finale entre Rafa et Djoko est juste fabuleuse. Ce sont aujourd'hui les deux meilleurs joueurs du monde", a dit l'ancien numéro un français.

"L'un et l'autre se méfient de leur adversaire. C'est la finale de l'année dernière, une finale avant la lettre pour eux, même s'ils ne le diront jamais."

"Ils sont partis dans un tel territoire stratosphérique que ce match sera sans aucun doute incroyable à suivre."

Ces deux-là se connaissent très bien pour s'être souvent affrontés. Nadal mène par 19 victoires à 15. Mais le Serbe a remporté leur dernier face-à-face, en finale du Masters 1000 de Monte-Carlo, où l'Espagnol visait un neuvième sacre.

Pour arriver dans le dernier carré d'un tournoi qu'il a déjà remporté sept fois, à seulement 27 ans, Rafael Nadal a laissé quelques forces dans la bataille, cédant le premier set de ses deux premières rencontres avant de dérouler.

Novak Djokovic, lui, n'en a abandonné qu'un et n'a jamais paru réellement en danger.

OMBRE ET LUMIÈRE

Il en a été à peu près de même pour Jo-Wilfried Tsonga et David Ferrer, qui ont tous les deux traversé les cinq premiers tours sans perdre la moindre manche.

Dans la lumière pour Tsonga, finaliste de l'Open d'Australie en 2008 et dans lequel le pays espère trouver un successeur à Yannick Noah, 30 ans après le dernier sacre d'un Français.

Dans l'ombre pour Ferrer qui a l'habitude de se frayer un chemin sans faire de bruit mais qui n'a jamais atteint une finale dans un Majeur.

"Ce match entre Jo et Ferrer sera dans un autre registre. Il sera très équilibré. Aujourd'hui, entre les deux, le joueur le plus régulier derrière le top 4, c'est Ferrer."

"Et Jo comme lui se disent certainement qu'il ont là une occasion unique d'aller en finale d'un Grand Chelem", selon Forget.

"Pour Jo, cela sera plus dur physiquement que cela ne l'a été contre Roger (Federer). Il va devoir être plus offensif et ambitieux dans ses choix."

"Le match difficile qu'on attendait pour lui contre Federer n'a pas eu lieu et Ferrer a été plus laborieux même s'il gagne en trois sets à chaque fois ", a ajouté celui qui connaît bien Tsonga pour avoir été dix ans durant capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis.

Forget estime que Tsonga bénéficiera d'un petit avantage contre Ferrer: le soutien du public. Mais il ne souhaite pas s'engager plus avant concernant une rencontre qui sera la quatrième entre les deux hommes.

Pour l'heure, l'Espagnol mène par deux victoires à une contre le Français. Et il a remporté leur seule confrontation sur terre battue, à Rome en 2010.

Pour autant, Guy Forget ne s'interdit pas de voir Jo-Wilfried Tsonga en finale.

"Si c'est contre Djoko, il partira avec un capital confiance un peu plus grand (l'an passé, Tsonga avait obtenu quatre balles de match contre le Serbe en quarts de finale-NDLR). En revanche, contre Nadal en finale à Roland, personne ne part confiant", a-t-il conclu.

Chrystel Boulet-Euchin, édité par Simon Carraud

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