Roland-Garros: ce n'était pas l'heure de Gasquet

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Le temps ne fait rien à l'affaire. Richard Gasquet a beau en passer le plus possible à l'entraînement pour se construire un physique enfin à la hauteur de son talent, il a encore échoué lundi à Roland-Garros aux portes d'un quart de finale.

Le temps a fait son oeuvre et Novak Djokovic a perdu celle qui avait mis une raquette dans sa main d'enfant. Le Serbe se sent désormais investi d'une mission posthume et l'a bien fait comprendre à Philipp Kohlschreiber.

Le temps passe pour Rafael Nadal, entré lundi dans sa 28e année, mais l'Espagnol, qui a déjà marqué son époque et peut passer à la postérité s'il devient le seul homme à gagner huit fois le même Grand Chelem, n'avait jamais paru aussi fringant depuis le début du tournoi.

Le temps n'a pas de prise sur Tommy Haas, ses 35 ans et son tennis élégant, pas plus qu'il n'a fait mûrir son adversaire Mikhaïl Youzhny.

Chacun des huitièmes de finale masculin a offert son moment d'émotions, avant, pendant ou après, tandis que ceux du tableau féminin se jouait en tempo allegro, les têtes de série Maria Sharapova, Victoria Azarenka, Maria Kirilenko et Jelena Jankovic passant sans perdre une minute.

Le sommet de la journée et peut-être des neuf premiers jours du tournoi restera le fantastique duel que se sont livré Richard Gasquet et Stanislas Wawrinka sur le Suzanne-Lenglen.

Le Français avait deux sets d'avance et semblait en passe de mener rondement son affaire, d'entrer dans une nouvelle ère, celle où il allait enfin franchir les huitièmes après 14 échecs sur ses 15 précédentes tentatives.

Mais à jouer la montre, il a cédé devant le Suisse.

Après cinq sets spectaculaires, ponctués d'un total rare de presque 150 coups gagnants en quatre heures et quart, Wawrinka a renvoyé Gasquet au temps qui passe sans que rien ne change : le neuvième mondial n'a pas vu les quarts d'un majeur depuis 2007.

Gasquet a été battu physiquement mais aussi dans le jeu. Son adversaire, un des meilleurs joueurs de terre battue du circuit, l'a usé. Le Français disait avoir changé et c'est vrai, il a eu de la trempe. Puis des crampes.

ANNIVERSAIRE ET TRENTENAIRES

Son heure n'est donc pas venue. Dimanche, ce sera peut-être celle de Novak Djokovic, en quête du seul Grand Chelem qu'il lui manque. Et le Serbe n'est plus tout à fait seul dans sa quête.

Deux jours après avoir appris, à la sortie de son troisième tour, le décès à 77 ans de Jelena Gengic, qui l'a initié au tennis dès l'âge de six ans, le numéro un mondial a promis de soulever le trophée pour cette "deuxième mère".

Il lui faudra d'abord l'arracher des mains de Rafael Nadal, son possible adversaire en demi-finale. L'Espagnol doit savourer le temps qui passe puisque depuis huit ans, à l'unique exception de 2009, il s'offre l'un des plus beaux cadeaux d'anniversaire.

Le Majorquin a célébré lundi ses 27 ans en réalisant son match le plus solide du tournoi face à Kei Nishikori, écarté en trois sets. Puis le public du Central a entonné "happy birthday" pendant qu'un immense gâteau faisait son entrée sur le court.

Le sourire est revenu sur le visage de l'Espagnol, qui s'est même souvenu de quelques mots de français pour remercier la foule. Les nuages, le vent et la programmation qui l'avaient tour à tour tant agacé sont oubliés.

A l'identique, les blessures sont derrière Tommy Haas.

L'Allemand a joué une demi-finale de majeur en des temps que la plupart des joueurs actuels passaient à s'aguerrir. C'était en 1999, en Australie. Il y a deux ans et demi, l'ancien numéro deux mondial avait l'épaule en lambeaux.

A 35 ans, il sera le plus vieux quart de finaliste du tournoi depuis 1971, emmenant dans son sillages trois autres trentenaires : Roger Federer, David Ferrer et Tommy Robredo.

Son adversaire, Mikhaïl Youzhny, ne s'est pas assagi avec les ans, fracassant avec fureur sa raquette sur son banc.

Tout fut plus calme avec les femmes.

Il y eut un instant de fraîcheur sur le Suzanne-Lenglen, à qui Maria Kirilenko demanda une "ola" accordée bien volontiers, et une démonstration de force sur le Central avec Victoria Azarenka qui a corrigé Francesca Schiavone, lauréate en 2010, en ouverture de la journée.

Mais si elles ont été expéditives sur l'ocre, le temps les a rattrapées elles aussi : pour la première fois depuis 1996, les cinq premières têtes de série peuplent encore le tableau féminin à ce stade sur la terre parisienne.

Edité par Pascal Liétout

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