Roland-Garros; Aravane Rezaï, retour de flammes et du père

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ARAVANE REZAÏ, RETOUR DE FLAMMES ET DU PÈRE
ARAVANE REZAÏ, RETOUR DE FLAMMES ET DU PÈRE

par Julien Pretot

PARIS (Reuters) - Deux ans après avoir coupé les ponts, Aravane Rezaï, tombée dans la galère des tournois satellites, a de nouveau fait appel à son père pour Roland-Garros, qu'elle a quitté dès le premier tour mais pleine d'espoir.

Ancienne 15e joueuse mondiale tombée à la 185e place, Rezaï a tenu tête mercredi à Petra Kvitova (n°7), avant de céder en trois manches.

"Il y a eu un petit retour de flamme mais ça reste une défaite", a-t-elle dit à Reuters.

Elle y a tout de même trouvé des motifs de satisfaction à l'orée de ce qu'elle espère être nouveau départ.

"Ça reste un match positif dans le sens où j'ai bien joué, je me suis battue contre une joueuse forte, j'ai réussi à avoir des repères que je n'avais pas avant car je n'ai pas l'occasion de jouer des filles Top 10 souvent."

De fait, Aravane Rezaï tente aujourd'hui de se relancer dans des tournois de second ordre.

Et depuis une semaine, elle s'y emploie aux côtés de son père Arsalan, qui l'a mise au tennis enfant, la faisant taper la balle à la lumière des phares de son camping-car, mais avec qui elle avait coupé il y a deux ans.

La jeune femme, qui a aujourd'hui 26 ans, avait rejoint l'académie de Patrick Mouratoglou, actuel entraîneur de Serena Williams, la numéro un, auquel elle toujours lié. Mais elle a décidé de reprendre le fil de sa vie d'avant, avec quelques ajustements.

"On a tous les deux évolué, on sait tous les deux ce qu'on veut, on a le même objectif de réussir", explique-t-elle. "On met de l'eau dans notre vin. Pour l'instant, ça fonctionne."

"JE M'ACCOMPLIS"

Sur le plan tennistique, l'association a produit quelques beaux résultats au tournant des années 2010. Aravane Rezaï était alors un grand espoir du tennis féminin français, victorieuse à Madrid en 2010 en battant Jelena Jankovic et Serena Williams.

"Si ça a marché avant, ça peut marcher aujourd'hui. Il faut un peu de temps", espère celle qui, sous d'autres ordres, a vu sa carrière s'étioler.

"Les autres coaches ont été bien aussi, il ne faut pas cracher dessus. Ils ont fait leur possible. Mais c'est le bon moment de faire ce choix. Mon choix est de m'entraîner avec mon père."

"C'est moi qui ai fait la demande. Mon papa était prêt tout de suite, ça m'a fait plaisir de voir qu'il s'investit aujourd'hui autant qu'avant, qu'il croit encore en moi, autant qu'avant."

Elle souligne aussi que leurs relations se sont normalisées et qu'elle n'est plus seulement la fille de son père, parce qu'elle a mûri, avancé pour prendre du recul.

"Je m'accomplis comme jeune femme aussi, je fais d'une pierre deux coups", souligne-t-elle.

"On se respecte plus en tant qu'adultes, on arrive à communiquer comme des adultes normaux. On fait ce qu'on peut et quand on grandit, on fait mieux les choses, on prend des meilleures décisions."

L'histoire du tandem franco-iranien - la famille a immigré à Saint-Etienne dans les années 1980 -, a alimenté, comme avant elle celle de Mary Pierce ou Jelena Dokic, et aujourd'hui celle de Bernard Tomic, la chronique des parents qui poussent leurs enfants à bout.

Ce dernier a rappelé après son abandon au premier tour de Roland-Garros qu'il continuerait à travailler avec son père, sujet à des coups de sang spectaculaire, en témoigne les coups portés à l'ex-sparring-partner du joueur australien, Thomas Drouet, à Madrid.

"Tout le monde ici, il n'y a pas une personne qui n'a pas des soucis de famille. Je suis une personne comme une autre, je suis un personnage public donc ça peut paraître énorme", dit Rezaï.

"Tout le monde a des soucis, on essaie d'avancer, de faire en sorte que nos objectifs puissent se réaliser ensemble."

Grégory Blachier pour le service français

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