Rohani table sur une levée des sanctions en Iran d'ici fin 2015

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(Actualisé avec contexte) par Sam Wilkin DUBAÏ, 27 octobre (Reuters) - Le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré mardi s'attendre à ce que les sanctions internationales visant son pays soient levées d'ici la fin de l'année, rapporte l'agence de presse iranienne Irna. "Selon nos prévisions, les sanctions (...) contre la République islamique d'Iran seront levées d'ici la fin 2015", a-t-il dit lors d'une cérémonie d'accréditation du nouvel ambassadeur d'Espagne à Téhéran. Ces sanctions ont été imposées en raison du programme nucléaire de Téhéran, que certains pays dont les Etats-Unis ont soupçonné d'avoir des visées militaires, alors que pour l'Iran, il n'a toujours eu qu'un objectif civil. Au terme de longues négociations, un accord est intervenu cet été entre l'Iran d'une part et les six puissances du P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne + Allemagne) sur le programme nucléaire de Téhéran. L'accord trouvé le 14 juillet à Vienne engage la république islamique à démanteler de larges pans de son programme nucléaire controversé en échange, dans un deuxième temps, d'une levée des sanctions internationales. Pour la plupart des experts, le processus, qui a officiellement débuté le 18 octobre, devrait prendre entre quatre et six mois au moins. Mais Rohani, qui espère de l'accord de Vienne un élan bienvenu pour l'état de santé économique de l'Iran, a indiqué à plusieurs reprises qu'il tablait sur une levée des sanctions d'ici fin décembre. Tout retard dans la levée des sanctions risquerait de décevoir une partie des électeurs iraniens alors que deux scrutins majeurs se profilent en début d'année prochaine: les élections législatives mais aussi l'élection des membres de l'Assemblée des experts, une instance religieuse qui dispose notamment d'un pouvoir nominal sur le Guide suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. LES CONDITIONS DE KHAMENEI Le successeur de Rouhollah Khomeini, estiment de nombreux spécialistes de l'Iran, ne veut pas que les modérés de Rohani remportent la majorité au Parlement, actuellement contrôlé par le camp conservateur. La semaine dernière, Khameneï a compliqué la donne en approuvant l'accord de Vienne mais en y ajoutant ses propres conditions, déclarant que Téhéran ne devait pas renoncer à certains aspects-clés de son programme nucléaire tant que la question de ses activités passées n'aurait pas été réglée. L'Iran, a-t-il dit, ne doit pas expédier à l'étranger son stock d'uranium enrichi ni redéfinir l'objectif de son réacteur à eau lourde d'Arak tant que les inspecteurs de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) n'auront pas établi si oui ou non Téhéran a jamais cherché par le passé à se doter de l'arme atomique. (voir ID:nL8N12L3AO ) Le rapport de l'AIEA sur les "possibles dimensions militaires" (PMD) du programme nucléaire iranien est attendu pour la mi-décembre. Ce qui ne laisserait en théorie, si le calendrier Rohani devait être tenu, que deux semaines aux Iraniens pour redéfinir l'usage du réacteur d'Arak (et faire en sorte qu'il ne soit plus possible d'y produire du plutonium de qualité militaire) et pour expédier à l'étranger 98% de leur stock d'uranium enrichi. (avec Parisa Hafezi à Ankara; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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