Rodelin, un grand qui ne fait pas d'ombre

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Rodelin, un grand qui ne fait pas d'ombre
Rodelin, un grand qui ne fait pas d'ombre

Son physique ne laisse personne indifférent, ses statistiques (deux buts et une passe décisive en L1) un peu plus. Pourtant, Ronny Rodelin est un habitué du onze de départ de René Girard depuis le début de saison. En temps de jeu, l'attaquant de Lille cumule 915 minutes et dix titularisations en 19 journées, soit plus que les autres attaquants (Ryan Mendes, Tulio De Melo ou John Jairo Ruiz) avec qui il est en concurrence. Si le Réunionnais profite des blessures à répétition de ses concurrents directs, il offre surtout à son entraîneur une grande latitude par son profil atypique. Grand, puissant et aérien, le Réunionnais met aussi sa technique au service du collectif du haut de son mètre 93. « Vu ma taille, je pense m'en sortir plutôt convenablement sur le plan technique, même s'il m'arrive de me trouver assez lent et nonchalant lorsque je revois mes prestations en vidéo, concède l'intéressé dans un entretien accordé au site officiel du LOSC. Ma relative aisance balle au pied me vient de mes jeunes années en sport études, du côté de Rodez. J'ai passé une saison avec des joueurs plus jeunes que moi d'un an. Étant en avance sur eux, j'en ai profité pour travailler ma technique avec acharnement. »

Surnommé « l'Esthète »

L'acharnement, voilà une caractéristique qui qualifie parfaitement l'ancien Nantais qui s'est principalement fait les dents en Ligue 2 malgré un prêt infructueux du côté de l'ESTAC en raison de nombreuses blessures. Patrick Rémy, coach troyen à l'époque, a toujours été sous le charme de ce garçon surprenant. « Il est doué techniquement, possède une bonne couverture de balle, se souvient-il. Il a des arguments dans le domaine de la vitesse et des dribbles chaloupés qui peuvent être déroutants, d'où son surnom : "l'Esthète". Quand il a joué, il nous a beaucoup apportés, mais il doit faire un travail parallèle pour s'étoffer. » Le conseil va être suivi au pied de la lettre par le natif de Saint-Denis de la Réunion. A base de travail incessant, il prend en densité physique même si cela ne se voit pas forcément toujours. « Mon gabarit fait que les séances de musculation n'engendrent que peu d'effets visuels sur mon corps, assure-t-il en souriant. J'ai pourtant parfois pris part à des programmes très intenses, mais les résultats n'ont jamais été très flagrants au niveau de l'apparence. Peu importe, la muscu' me permet surtout de gagner en puissance et en solidité dans les duels. »

La Réunion piquée dans l'épiderme

A 24 ans, le numéro 20 du LOSC commence à accumuler l'expérience de l'élite. Et ses points forts sont multiples : son jeu de tête, ses déviations et sa qualité de frappe qu'il travaille souvent à l'entraînement. « Je suis plutôt adepte du plat du pied, explique-t-il. Pour un attaquant, j'ai la conviction que c'est par ce geste qu'on est le plus précis et efficace face au but. » Mais le Réunionnais sait aussi se montrer taquin : « Mon gauche ? Ce n'est pas le pire du vestiaire (rires), même si mon père me rabâche sans cesse de le travailler au maximum », plaisante-t-il. A mi-parcours, ce produit de la formation aveyronnaise (Rodez) ne manque jamais un instant pour se replonger dans la culture de sa Réunion natale. Moyen le plus simple pour avoir son île à portée de main : un tatouage. « Je possède un trèfle à quatre feuilles tatoué derrière l'oreille, confirme l'intéressé. C'est en quelque sorte mon porte-bonheur, à l'image de l'inscription ?famille?, écrite en arabe sur mon avant-bras droit. L'éloignement de ma Réunion natale fait que mes proches me manquent énormément. J'ai besoin de les savoir à mes côtés en permanence. » A Lille, Ronny Rodelin a trouvé un autre cocon où il se sent bien dans sa peau.

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