Roche achète l'américain InterMune pour 8,3 milliards de dollars

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ROCHE S'EMPARE D'INTERMUNE POUR 8,3 MILLIARDS DE DOLLARS
ROCHE S'EMPARE D'INTERMUNE POUR 8,3 MILLIARDS DE DOLLARS

par Ben Hirschler et Caroline Copley

LONDRES/ZURICH (Reuters) - Roche a annoncé dimanche le rachat de la société américaine de biotechnologies InterMune pour un montant global de 8,3 milliards de dollars (6,3 milliards d'euros) en numéraire, une opération qui marque une nouvelle étape de la consolidation en cours du secteur.

Le groupe pharmaceutique suisse déboursera 74 dollars par action InterMune, ce qui représente une prime de 38% par rapport au cours de clôture de vendredi.

L'acquisition, recommandée par les conseils d'administration des deux groupes, est la plus importante conclue par Roche depuis 2009, lorsqu'il avait racheté les parts de l'américain Genentech qu'il ne détenait pas encore pour environ 47 milliards de dollars.

Le directeur général de Roche, Severin Schwan, a déclaré que le rachat d'InterMune permettrait au groupe de se renforcer et de se diversifier dans le domaine des maladies respiratoires.

"Pour nous, chez Roche, cette opération est un bon exemple d'acquisition ciblée créatrice de valeur; nous nous concentrons sur des acquisitions ciblées qui sont vraiment complémentaires de notre portefeuille (...) plutôt que d'essayer de nous diversifier ou de nous engager dans des méga-fusions", a-t-il dit lors d'une téléconférence.

Des sources proches du dossier avaient déclaré le 13 août qu'InterMune se préparait à étudier des offres de rachat de grands groupes pharmaceutiques, dont Roche et Sanofi.

L'action de la "biotech" californienne avait alors fortement progressé. Le prix offert par Roche représente ainsi une prime de 63% par rapport au cours du 12 août.

Une telle prime n'est pas inhabituelle pour ce type d'opérations et reflète la concurrence acharnée que se livrent les grands acteurs mondiaux du secteur pour le contrôle de nouveaux médicaments prometteurs, souvent développés par de petits laboratoires innovants.

Le rachat d'InterMune permettra ainsi à Roche d'intégrer à son portefeuille la pirfenidone, un traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique (IPF).

L'ENJEU DE LA PIRFENIDONE

Cette maladie, dont on ne connaît pas les causes, se caractérise par une lente détérioration des fonctions pulmonaires, entraînant le décès des personnes qui en sont affectées.

La pirfenidone a déjà obtenu le feu des autorités de santé européennes et canadiennes pour le traitement de l'IPF et sa demande d'homologation est en cours d'examen aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) devant rendre sa décision au plus tard le 23 novembre.

Les analystes financiers estiment que cette molécule pourrait générer un chiffre d'affaires annuel de 1,04 milliard de dollars en 2019 selon la moyenne des estimations réunies par Thomson Reuters Pharma.

Selon le géant suisse, dont la capitalisation avoisine 250 milliards de dollars, ce rachat devrait avoir un effet nul sur son résultat par action de 2015 et un impact positif à partir de 2016. Les prévisions financières 2014 restent inchangées, a-t-il précisé.

Severin Schwan s'est par ailleurs refusé à tout commentaire dimanche sur l'éventualité d'un rachat du solde de capital du japonais Chugai Pharmaceuticals, évoquée récemment sur le marché et qui pourrait lui coûter une dizaine de milliards de dollars.

InterMune avait songé à se mettre en vente il y a trois ans et avait eu à cet effet des pourparlers avec de potentiels candidats au rachat de la société.

Les discussions n'avaient finalement pas abouti en raison des incertitudes à l'époque concernant les données relatives à

L'intérêt des grands laboratoires pour InterMune a été réveillé après que la société a annoncé en février des résultats positifs pour des essais cliniques du pirfenidone.

Le secteur de la pharmacie connaît une intense activité de fusions et acquisitions, la valeur des transactions conclues depuis le début de l'année représentant déjà 345,9 milliards de dollars contre 212,2 milliards sur la période correspondante l'an dernier, selon des données Thomson Reuters.

(Nicolas Delame et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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