Rocca favori pour la reprise de la SNCM, Baja Ferries en embuscade

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par Jean-François Rosnoblet MARSEILLE, 5 novembre (Reuters) - L'offre de reprise de la SNCM soumise au tribunal de commerce de Marseille par le transporteur corse Patrick Rocca, qui prévoit le maintien de 865 emplois sur les quelque 1.500 CDI actuels, recueille les faveurs, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Le tribunal de commerce, auquel les quatre potentiels repreneurs ont présenté leur projet mercredi, doit rendre sa décision le 20 novembre. L'offre de Patrick Rocca a pris une "confortable avance" sur celle de l'armateur de droit mexicain Baja Ferries, a-t-on dit de source proche du dossier. Les deux autres offres, portées par Christian Garin, ancien président du port de Marseille associé à la société de transport maritime grecque Arista, et par le consortium d'entreprises Corsica Maritima, apparaissent distancées. Le procureur de Marseille, les juges commissaires et l'avocate de l'Agence de garantie des salaires se sont clairement prononcés en faveur de l'offre de Patrick Rocca, qu'ils considèrent comme "la mieux disante et la plus pérenne" pour l'avenir de la compagnie maritime, précise-t-on de même source. Ils demandent au tribunal d'écarter les offres de la société Med Partners de Christian Garin et du consortium d'entreprises Corsica Maritima, en raison notamment des "incertitudes" qui entourent leurs plans de financement. La dernière offre, celle de Baja Ferries, reste en embuscade. "On est internationalement reconnu pour nos qualités d'armateur qui a su réussir sur de nouveaux marchés. J'espère pouvoir le démontrer à Marseille", a dit son président Daniel Berrebi. UNE LIGNE DE CRÉDIT DE 15 MILLIONS D'EUROS Dans l'offre qu'il a déposée, dont Reuters a obtenu une copie, Patrick Rocca propose la création d'une "compagnie maritime méditerranéenne neutre", baptisée MCM, qui s'appuie sur les fonds propres de son groupe, lequel a réalisé un chiffre d'affaires de 81 millions d'euros en 2014 et présente une centaine de millions d'actifs immobiliers. Son plan, qui maintiendrait l'équipe dirigeante de la SNCM et fait entrer les salariés au capital à hauteur de 10%, prévoit la reprise de 865 salariés, dont 612 navigants, et de 144 CDD. Pour assurer le fonds de roulement nécessaire à la première année d'exploitation, qu'il estime à 20 millions d'euros, le transporteur s'appuie sur une ligne de crédit de 15 millions d'euros et sur des fonds propres. Baja Ferries, qui a réalisé l'an dernier 120 millions de dollars de chiffre d'affaires, présente pour sa part une offre globale de reprise qui prévoit la sauvegarde de 826 emplois, dont 620 navigants. Daniel Berrebi a indiqué tabler sur un chiffre d'affaires de 190 millions d'euros "dès la première année" pour permettre un "équilibre financier immédiat" et entend financer son offre par sa trésorerie et une ligne de crédit. Dans un communiqué diffusé jeudi, la direction de l'entreprise affirme sa "conviction qu'une SNCM réorganisée (...) pourra atteindre structurellement une profitabilité financière dans les normes du secteur" et se dit prête à appuyer toute offre de reprise permettant "d'envisager une stabilité et une profitabilité de l'entreprise pour les années à venir". La SNCM, dont l'actionnaire majoritaire est Transdev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts, a été placée en redressement judiciaire le 28 novembre 2014. (Edité par Sophie Louet)


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