Robert Pires souffre à l'avance pour les sept joueurs qui seront éliminés

le
0
Robert Pires souffre à l'avance pour les sept joueurs qui seront éliminés
Robert Pires souffre à l'avance pour les sept joueurs qui seront éliminés

Robert Pires, dans quel état est-on lorsqu'on est en attente de savoir si l'on va participer à une grande compétition ? Fébrile ?C'est un moment important dans la carrière d'un joueur. Quand on a la chance de côtoyer l'équipe de France et que vous avez le Mondial qui arrive, on est un peu stressé. On est dans l'attente, on a envie que ça passe. On a tout simplement envie de découvrir la sélection. Personnellement, j'ai connu ça en 1998. Je sais ce que vont ressentir les joueurs demain (mardi). Ils vont tous attentivement écouter la fameuse liste des 30 de Didier Deschamps. C'est un moment particulier et surtout intense.Vous avez tout vécu personnellement. La joie en 1998, la déception en 2002, la polémique en 2006. Comment l'avez-vous vécu ?A chaque fois que vous avez la chance de mettre le maillot bleu sur les épaules, c'est un moment particulier, un privilège. Tout simplement parce que vous défendez votre pays. C'est un honneur. Nous sommes là pour jouer le haut niveau, pour gagner. Il y a des moments de joie, des désillusions, des moments de pleurs. Je suis passé par toutes les étapes. Je préfère passer par là, ça veut dire que j'ai un certain standing.Quelle est la plus grosse déception ? La blessure de 2002 ou la non sélection de 2006 ?2006, c'est un choix du sélectionneur. Ca, malheureusement, il faut le respecter. Après, 2002, ça a été dur. C'était cruel parce que c'était ma meilleure saison avec Arsenal, j'étais bien. J'étais pratiquement sûr d'être dans la liste pour aller disputer le Mondial au Japon (et en Corée du Sud, nldr). Malheureusement, il y a cette blessure. Il y a des choses que l'on ne prévoit pas. Et notamment ce genre de situation, c'est à dire une rupture des ligaments croisés.Préféreriez-vous une annonce de 23 joueurs comme l'a fait Luiz Felipe Scolari avec le Brésil ou une annonce de 30 joueurs comme va le faire Didier Deschamps ?Si vous me demandez de choisir entre la méthode Deschamps et la méthode Scolari, je choisis Scolari. Tout simplement parce qu'on a connu ça en 1998. Je peux vous dire que les six joueurs ont pleuré à la fin. Parce que c'est dur, c'est cruel de quitter l'équipe de France. Alors certes, ils ne savaient pas qu'on allait devenir champions du Monde, mais c'est terrible de quitter le navire comme ça. J'ai du mal à comprendre, mais je respecte. Parce que c'est lui qui décide, c'est le patron, c'est le sélectionneur. Mais ce qu'il faut qu'il sache, c'est que les mecs qu'il va éliminer, dans le futur ils vont souffrir.Ne serait-ce pas plus simple d'annoncer une liste de 23 joueurs + 7 réservistes ?Encore une fois, je respecte les choix de Didier Deschamps. Mais c'est vrai qu'annoncer 23 joueurs et maintenir en privé sept joueurs, de leur dire "Rester en forme, maintenez-vous au cas où. S'il y a un blessé, je ferai appel à vous... Maintenant, il a choisi d'en annoncer 30. Le calcul est fait, il en restera sept sur le carreau.

" A Deschamps de former un commando "

Par la suite, les Bleus se prépareront à Clairefontaine. En 1998, c'était la même chose. Quels ont été les moments fort de cette préparation à l'époque ?Je n'ai rien à prouver à Didier Deschamps. Il a prouvé sur le terrain, en tant que joueur ou en tant qu'entraîneur puis sélectionneur. C'est un métier difficile, compliqué, pénible. Il sait que l'homogénéité du groupe va être primordiale. A lui de former un commando, de choisir les bons joueurs, les bons soldats. Après, c'est tout ce qu'il va se passer à l'intérieur du groupe qui va être capital.Comment peut-on se priver d'un joueur comme Samir Nasri, qui a été un des meilleurs de la saison pour le choix du groupe ?Samir Nasri, c'est un débat très brûlant. C'est vrai que sur le terrain il a été très bon, il est champion d'Angleterre avec Manchester City. Si Didier (Deschamps) décide de ne pas le prendre, c'est qu'il peut se passer des choses à l'intérieur du groupe. Il peut être un des leaders si ça se passe mal. Il faut faire des choix. Il est là pour trancher. Si demain, ou pour la liste des 23, il décide de ne pas le prendre, c'est le seul qui pourra nous expliquer pourquoi il ne l'emmènera pas au Brésil. Après, nous on peut dire ce qu'on veut, on peut faire des débats. Mais le seul maître à bord, le seul capitaine, c'est Deschamps.A quoi servent réellement les matchs amicaux de préparation ? Peut-on réellement y gratter une place de titulaire ?De toute façon, ce que les joueurs doivent savoir et comprendre, c'est qu'il y aura deux équipes. Il y a ceux qui vont jouer et ceux qui seront sur le banc. Maintenant, c'est à ceux qui sont sur le banc d'accepter ce rôle. Et de faire confiance à ceux qui vont jouer. Bien sûr, on a qu'une envie, c'est de prendre la place du titulaire. Je suis passé par là. Tu as une hiérarchie et un entraîneur qui décide. Et puis, il y a les matchs amicaux. En 1998, nous avions fait le Tournoi du Maroc, ça s'était bien passé. Il y a des moments intenses, on retrouve certaines amitiés entre certains joueurs. Et ça peut être le début d'une belle aventure. En tout cas, c'est ce que je leur souhaite. Et comme dans le football tout est possible, pourquoi pas les voir ramener le trophée tout simplement.Les voyez-vous aller aussi loin ? On dit le premier tour facile pour les Bleus, est-ce que ce n'est pas là le piège justement ?Aujourd'hui, rien n'est facile. Le piège, c'est de tomber dans la facilité et de se dire qu'on va se qualifier parce que nos adversaires sont plus faibles que nous. C'est sûr que c'est tentant quand tu vois la liste de l'équipe de France et que tu vois les clubs dans lesquels ils évoluent, tu te dis que normalement, il n'y a pas de problème. Maintenant, attention, en 2002, on pensait tous la même chose. C'est pour ça que je ne suis pas inquiet. Aujourd'hui, on a Didier Deschamps qui est en place. Il connait le très haut niveau et surtout il va les mettre en garde. Après, gagner c'est une autre histoire. Mais ils peuvent inquiéter pas mal de nations.Chaque sélectionneur aime bien prendre un joueur "surprise" pour dynamiter un peu le groupe. Que pensez-vous de cette idée ? Didier Deschamps doit-il la mettre en place ?De toute façon, il ne le dira pas, mais il a son groupe. Et heureusement, parce que ça fait deux ans qu'il travaille là-dessus. Il avait deux objectifs, le premier se qualifier et le deuxième, aller le plus loin possible. Son squelette, il est en place. Des surprises ? Oui, il y en aura une ! Après, laquelle ? On se souvient que contre les Pays-Bas, il avait appelé le petit Antoine Griezmann. Ça peut être une petite surprise. Je pense qu'il y en aura une autre. Laquelle ? On verra demain ou dans la liste des 23 mais il peut y avoir quelque chose.

" Laissez Zizou tranquille ! "

Cela met-il de la vie dans un groupe de convoquer un petit nouveau comme ça ?Cela dépend quel joueur sera choisi, quel rôle il aura. Dans quel dispositif il peut être dans l'équipe. Ça peut être un leader en dehors du terrain, sur le terrain, il y a pleins de critères. Et pourquoi pas un joueur d'expérience, qui n'a pas été appelé et qui peut aider sur certains plans. Tout est possible.Le retour du FC Metz en Ligue 1 a dû être un moment important pour vous ?Je tiens à dire que ce n'est pas parce que j'ai quitté le FC Metz en 1998 que j'ai oublié l'histoire de ce club et ce que j'ai vécu là-bas. J'ai été triste lorsqu'ils sont descendus en National. Aujourd'hui, je suis très heureux de retrouver le FC Metz parmi l'élite. J'ai eu Albert Cartier au téléphone pour le féliciter pour tout le travail qu'il a effectué. C'est un club qui compte énormément pour moi. Ça a été ma formation, ça a été mon premier contrat professionnel. Impossible d'oublier ce club !Zidane entraîneur de Bordeaux, est-ce une bonne idée ? Comment voyez-vous Zizou entraîneur ?Je vais être honnête. Je me fous de la destination qu'il va prendre. Moi, ce que je veux, c'est le voir commencer. Tout le monde parle pour rien en disant : " Il ne va pas réussir, ce n'est pas un meneur d'homme. Il n'a pas d'expérience. " Laissez-le ! Qu'il fasse, qu'il prouve. Et si demain, il est mis en échec, là, on pourra le critiquer. Mais aujourd'hui, laissez-le tranquille. Il a envie d'être entraîneur. Il faut respecter ce choix. Après, que ce soit Bordeaux, Monaco, de toute façon ce que je veux, c'est le voir commencer. Je pense que ça peut commencer dès cet été.Ce qui joue contre lui, c'est qu'on le connaît un peu timide. Un meneur d'homme peut aussi l'être...On me dit aussi : " Regarde ce qu'il s'est passé avec Maradona ! " Maradona, c'est Maradona. Ce n'est pas parce que Zizou est exceptionnel en tant que joueur, qu'il ne peut pas réussir en tant qu'entraîneur. Les gens doivent arrêter de parler, ils aiment trop ça. Ils critiquent avant que ça commence... Qu'il prenne les rênes d'une équipe. Et s'il n'est pas bon, là on pourra juger.Christophe Dugarry ne croit pas du tout à la piste Zidane à Bordeaux...Si Christophe Dugarry l'a dit, c'est que c'est vrai. Parce qu'ils sont très proches. Mais la destination m'importe peu. Moi, ce que je veux, c'est le voir entraîner sur un banc de touche et m'apercevoir qu'il est capable, ou pas, de devenir un grand entraîneur.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant