Robert Herbin, ou quand le banc ne suffit pas

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Robert Herbin, ou quand le banc ne suffit pas
Robert Herbin, ou quand le banc ne suffit pas

Actuel meilleur buteur des Verts en championnat, Valentin Eysseric n'a pourtant planté que quatre fois cette saison. S'il était encore coach des Stéphanois, Robert Herbin ferait sans doute comme en 1975 : se faire jouer lui-même et aller marquer sans se poser de questions. Un souvenir de ce temps où Sainté roulait sur le football français et pouvait tout se permettre.

En juin 1975, peu de choses resplendissaient autant en France que le vert des maillots de Saint-Étienne. Avec leur coq sportif plus fier que jamais sur le cœur, leur Manufrance mythique sur les abdos, et ce liseret bleu-blanc-rouge au col et aux manches rappelant qu'ils étaient seuls aux commandes du championnat de France, les Verts concluaient une nouvelle saison de haute volée. Ils étaient déjà rentrés à la maison avec un doublé coupe-championnat en 1974, et s'apprêtaient à récidiver nonchalamment. Seule ombre au tableau, cette élimination en demi-finale de Coupe d'Europe face au Bayern de Beckenbauer et Müller. Mais dans l'Hexagone, Ćurković, Piazza, Larqué, Santini et les frères frères Revelli arrivaient au terme de l'exercice 1974-1975 en ayant remporté l'intégralité de leurs matchs de D1 à Geoffroy-Guichard. À dix jours de la finale de Coupe de France et alors que le titre était déjà assuré, la dernière journée de championnat ressemble donc surtout à un grand gala. Chaque bal de promo ayant sa reine, ce mardi 3 juin, c'est Robert Herbin qui avait enfilé sa plus belle robe et qui avait décidé d'enflammer la piste. Légende de la maison verte après y avoir joué toute sa carrière, le très jeune entraîneur de l'ASSE - 36 ans - s'offrit un gros cadeau de 90 minutes en jouant la totalité de la partie, et en poussant la folie jusqu'à inscrire sur penalty le dernier but à Geoffroy-Guichard de cette saison un peu folle.

Mais qui a invité Herbin ?


Pour qu'une fête soit réussie, il faut évidemment que les invités soient dans l'ambiance. Mission accomplie avec les Troyens, petite équipe montée en D1 deux saisons plus tôt, qui avaient déjà assuré leur maintien avant d'arriver à Saint-Étienne. "On était vraiment en vacances ! (…) Nous, les Troyens, quand on était sûrs d'être maintenus, c'était le ouf de soulagement parce qu'à chaque début de saison, nous étions dans les condamnés", s'amuse encore René Le Lamer, défenseur de Troyes présent sur le terrain ce jour-là. « Par amusement, on lui avait suggéré de disputer ce match, et à notre grande surprise, il avait accepté. »Jean-Michel LarquéLe seul fait marquant de la partie est…


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