Rixes à Marseille, 35 supporters blessés, dont quatre grièvement

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NOMBREUX BLESSÉS DANS DES AFFRONTEMENTS À MARSEILLE POUR L'EURO
NOMBREUX BLESSÉS DANS DES AFFRONTEMENTS À MARSEILLE POUR L'EURO

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - De violents affrontements entre supporters britanniques et russes ont fait 35 blessés dont quatre graves dans le centre de Marseille, avant le match Angleterre-Russie de l'Euro de football, a annoncé dimanche la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Un Britannique d'une cinquantaine d'années était en état d'urgence absolue après un arrêt cardiaque, ont précisé les marins pompiers. Selon Laurent Nunez, préfet de police des Bouches-du-Rhône, son état s'est stabilisé dans la soirée.

Trois policiers ont aussi été légèrement blessés et huit personnes ont été interpellées, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a fustigé "le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-supporters dont la seule motivation est de troubler l'ordre public".

"Les personnes se livrant à de tels actes de violence n'ont pas leur place dans le football", dit quant à elle l'Union des associations européennes de football (UEFA), qui organise l'Euro, dans un communiqué.

Des heurts ont également éclaté samedi soir à Nice, où une bagarre entre un groupe de locaux et des supporters nord-irlandais a fait sept blessés à la veille du match Pologne-Irlande du Nord, selon la préfecture des Alpes-Maritimes.

A Marseille, environ 600 supporters russes et anglais "très déterminés" ont commencé à s'affronter sur le Vieux-Port vers 16h00 (14h00 GMT), d'après le préfet de police .

"Le dispositif policier nous a permis de nous interposer systématiquement", a assuré Laurent Nunez sur BFM TV, ajoutant que le calme était revenu en fin d'après-midi dans le centre de Marseille.

Caroline Pozmentier, adjointe au maire LR de Marseille chargée de la sécurité, a parlé sur la même chaîne d'une "horde de sauvages imbibés d'alcool".

Certains s'en sont pris aux forces de l'ordre en leur jetant notamment des canettes de bière vide et les policiers ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, a-t-on indiqué de source policière.

Quelque 20.000 Britanniques et 12.000 Russes étaient attendus à Marseille pour ce match. Environ 1.200 policiers et gendarmes devaient assurer la sécurité de la ville.

HEURTS DANS LE STADE

"Nous avons un dispositif qui est suffisant pour l'instant", a estimé Laurent Nunez. "Forcément, avec ce qui s'est passé, on craint que de nouveaux incidents se reproduisent", a-t-il toutefois ajouté en fin de journée.

Interrogé dimanche sur France-Info, le préfet de police a reconnu que deux fumigènes et un pétard avaient été introduits dans le stade et a promis "de faire le point sur la qualité des fouilles".

Dès la fin du match Angleterre-Russie, conclu sur un match nul 1-1, de nouveaux heurts ont éclaté à l'intérieur du stade, avec une cinquantaine de supporters russes qui s'en sont pris à des Anglais.

La fan zone a bénéficié dans la soirée d'un encadrement "assez renforcé", avec une "sectorisation" des supporters en fonction de leur nationalité, a fait savoir le préfet.

Quatorze "spotters" étrangers, spécialistes du hooliganisme qui doivent détecter les fauteurs de troubles - dix Britanniques et quatre Russes -, ont par ailleurs prêté main forte aux policiers français, a-t-on appris de source policière.

Le match Angleterre-Russie "est l'un des cinq matches à risque de la compétition", avait prévenu samedi matin sur iTELE le ministre des Sports, Patrick Kanner. "Russes-Anglais, Anglais-Russes, avec la chaleur, ça peut être un peu explosif".

Des heurts impliquant des supporters britanniques avaient déjà éclaté vendredi soir sur le Vieux-Port de Marseille.

Sept personnes - quatre Britanniques et trois Français - ont été placées en garde à vue à la suite de ces violences, a-t-on appris de source policière. Elles devraient être présentées à un juge au cours du week-end, avec une perspective de comparution immédiate devant un tribunal lundi après-midi, a-t-on précisé.

En amont de l'Euro, et en prévision de violences en marge des matches, le ministère de l'Intérieur avait prononcé 3.000 interdictions d'entrées sur le territoire.

Le gouvernement britannique avait de son côté retenu les passeports de 3.000 "hooligans" pendant la durée de la compétition.

(avec Chine Labbé et Jean-Philippe Lefief à Paris)

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