Risques, quête de rendement et pétrole auront animé 2014

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RISQUES, QUÊTE DE RENDEMENT ET PÉTROLE AURONT ANIMÉ 2014
RISQUES, QUÊTE DE RENDEMENT ET PÉTROLE AURONT ANIMÉ 2014

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La quête de rendement a été prépondérante en 2014 dans un contexte de regain des risques géopolitiques et économiques, de chute des cours du pétrole au second semestre et d'innovations monétaires de la part de la Banque centrale européenne (BCE) afin de soutenir la zone euro et d'atténuer la volatilité.

Contraints par le niveau historiquement bas des taux d'intérêt et un environnement très réglementé, les investisseurs institutionnels sont entrés dans une course au rendement au prix de risques accrus.

"Il y a une recherche de rendement évidente de la part des compagnies d'assurance dans un contexte de taux bas, en particulier des taux souverains", explique Thomas Chaussier, executive director chez Morgan Stanley Investment Management.

"Cela a été une année assez impressionnante en termes de rendement pour les investisseurs (...) Le 'search for yield' et le fait d'aller plus loin dans l'échelle des risques pour trouver du rendement sont des risques qui vont demeurer", remarque Jean Boivin, directeur adjoint de la stratégie d'investissement chez BlackRock Investment Institute.

Au second semestre, les incertitudes croissantes sur l'économie mondiale et la situation géopolitique (élection présidentielle en Grèce et crise Ukraine-Russie), qui ont contraint la BCE à agir, ont limité la prise de risque sur les actions.

"Après une première partie d'année bien orientée, les marchés ont connu une seconde partie d'année marquée par des corrections brutales et le retour des risques à la fois macroéconomiques, politiques et géopolitiques", constate Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.

"2014 est aussi l'année de l'innovation monétaire pour la BCE, qui, dans sa volonté de soutenir la zone euro mobilise la quasi-totalité de ses outils: taux de refinancement historiquement bas, taux de dépôt négatifs, opérations de refinancement exceptionnelles (TLTRO), forward guidance, achats d'actifs (Covered Bonds, ABS) et imminence d'un full QE... avec un succès pour le moment contrasté", poursuit-il.

Dans un tel contexte, les secteurs défensifs ou offrant le plus de rendement comme l'immobilier ou la santé ont été recherchés en Bourse, à la différence du secteur de l'énergie, victime de l'effondrement des cours du pétrole.

POSSIBLE RETOUR DES IPO

Si la baisse du prix du baril traduit l'atonie de l'économie mondiale et de la demande en provenance des pays émergents, plusieurs analystes ne manquent pas d'évoquer aussi le bras de fer entre les pays producteurs traditionnels de l'Opep et de nouveaux acteurs nord-américains.

C'est "très probablement la conséquence également d'une guerre des prix organisée par l'Arabie Saoudite (capable de produire à 5-6 dollars par baril), qui entend préserver ses parts de marché aux Etats-Unis ou ailleurs, (et) veut sans doute mettre l'Iran à genou par la même occasion, beaucoup plus que la volonté des Occidentaux de faire plier Poutine en Ukraine", estime Xavier Lespinas, directeur de la gestion actions de SwissLife Banque Privée.

Cette baisse de la facture énergétique est une bonne nouvelle pour les entreprises et leurs coûts alors même que les sociétés exportatrices de la zone euro devraient également améliorer leur compétitivité grâce à la baisse de l'euro face au dollar.

Par ailleurs, malgré le retour de la volatilité en Bourse à l'automne, 2014 aura été un très bon cru en termes d'émissions sur le marché primaire, où la tendance est à nouveau dynamique.

"En 2014, le contexte de marché est redevenu plus classique, comme celui d'avant crise", souligne Cyril Revenu, responsable du marché primaire actions chez HSBC France.

"Il y aura des IPO (introductions en Bourse) l'an prochain si les conditions de marché le permettent : certaines opérations ont été suspendues en fin d'année notamment à cause de l'augmentation de la volatilité du mois d'octobre, mais un certain nombre sont déjà dans les 'starting-blocks', prêtes à être lancées", ajoute-t-il.

De manière générale, l'optimisme est de mise pour 2015 au sein de la communauté financière, où l'on mise sur la politique ultra-accommodante de la BCE, la baisse de l'euro et la chute des prix de l'énergie pour soutenir l'économie.

(édité par Gilles Guillaume et Matthieu Protard)

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