Risques climatiques: les assureurs craignent un doublement de leur facture

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VIDÉO - Les assureurs s'inquiètent: le coût des aléas climatiques va grimper en flèche, sans amélioration de la situation. Un contexte qui pousse à revoir la couverture des catastrophes naturelles.

Si beaucoup de corporations tirent la sonnette d'alarme concernant les conséquences du réchauffement climatique, l'une d'entre elle a chiffré avec précision l'impact sur son activité. Et, sans jeu de mot, les perspectives ne sont guère rassurantes: les assureurs prévoient en effet que les coûts des catastrophes naturelles liées au réchauffement en France doubleront à l'horizon de 2040. Du moins si rien de concret ne ressort du futur accord à la fin de la COP21.

D'après un rapport publié ce jeudi par l'Association française de l'assurance (AFA), en l'absence d'une quelconque évolution positive, la facture liée aux aléas climatiques et naturels s'élèvera à 92 milliards d'euros cumulés en 2039. A titre de comparaison, de 1988 à 2013, sur une période similaire de 25 ans donc, la note s'est élevée pour les compagnies d'assurances à 48 milliards. Autrement dit, la facture va tout simplement doubler.

Topographie défavorable

Le rapport pointe du doigt plusieurs faiblesses en particulier. Primo, bien plus graves encore que les tempête, la sécheresse. S'appuyant sur des projections de Météo France, , l'AFA estime à 21 milliards d'euros le coût de ces périodes qui, sur les terrains argileux, endommagent directement les habitations en générant des fissures. Second élément, plus connu, mais où la France demeure fortement vulnérable: les submersions maritimes suite à un épisode météorologique défavorable. Le rapport avance que 40% des 7000km de littoral français ont une topographie défavorable, et que seules 22% des 300 communes soumises à un risque de submersion ont un plan de prévention des risques performant.

Et si l'AFA émet , dans un livre blanc, des recommandations au niveau des communes, qui doivent absolument se montrer prudentes sur les permis de construire quand elles sont en zone sensible, ou de développer les plans de sauvegarde dans les installations touristiques comme les campings, la vraie solution est ailleurs. Et il s'agit de celle qui se discute actuellement dans le cadre de la COP21 et qui espère pouvoir maintenir le réchauffement au maximum à 2 degrés.

Les contrats des particuliers en théorie épargnés

Et qui va devoir payer la note qui risque d'être répercutée ensuite sur les contrats d'assurances? Dans ses recommandations, l'AFA indique qu'elle juge nécessaire de «fixer librement» (comprendre «augmenter») la franchise de garantie catastrophes naturelles pour «les contrats d'assurance couvrant des capitaux supérieurs à 50 millions d'euros, et pour ceux couvrant des collectivités territoriales quelle que soit leur taille».

Autrement dit, les professionnels de l'assurance recommandent que les particuliers et les petites PME ne soient pas impactés. «Nous ne pensons pas qu'il est nécessaire de faire reposer les coûts sur ces deux catégories. Viser les grosses entreprises et les collectivités revient à demander un effort à ceux qui justement ont les moyens de mettre en place des plans de prévention face aux aléas climatiques» explique un assureur ayant participé à l'élaboration de ce livre blanc. Et qui précise que «le but est de limiter la part des primes d'assurances couvrant les risques des aléas naturels* de 16% actuellement à, maximum, 25%».

Les particuliers habitant sur des zones à risque devraient donc pouvoir souffler au moment de devoir payer leur assurance habitation. Les collectivités locales en difficulté financière un peu moins...

*Les «aléas naturels» regroupent les catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre, sécheresse...), mais aussi les tempêtes qui ne sont pas considérées comme «catastrophes naturelles».

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