Risque d'expulsion pour les opposants à Notre-Dame-de-Landes

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LA JUSTICE A ORDONNÉ L'EXPULSION DES OPPOSANTS DE NOTRE-DAME-DES-LANDES
LA JUSTICE A ORDONNÉ L'EXPULSION DES OPPOSANTS DE NOTRE-DAME-DES-LANDES

NANTES (Reuters) - La justice a ordonné l'expulsion des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) regroupés près de Nantes au lieu-dit La Châtaigneraie, rapporte mercredi la préfecture du département.

La décision du tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a été prise mardi quelques heures après celle autorisant la démolition de leurs cabanes, construites sur place depuis la "manifestation de réoccupation" du 17 novembre.

Le président du TGI de Saint-Nazaire "ordonne l'expulsion de tous les occupants sans droit ni titre" présents sur la parcelle, "ainsi que l'évacuation de tous les matériels, véhicules et autres objets mobiliers leur appartenant".

"Ces décisions disent l'état de droit, les occupants n'ont plus de protection juridique", ajoute la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué.

L'autorisation de démolition des cabanes prise lundi par le juge des référés avait été perçue comme un nouveau sursis par les opposants au projet d'aéroport, qui estimaient qu'une seconde procédure d'expulsion devant le tribunal d'instance était nécessaire à leur évacuation.

Après cette annonce, les opposants à la construction de l'aéroport ont dénoncé cette décision, jugeant que la procédure utilisée devrait être invalidée.

"GUET-APENS"

"Le principe d'une ordonnance sur requête est celui d'une procédure anonyme, sans débat contradictoire," qui ne peut fonctionner que dans la mesure où les habitants ne sont pas identifiés, disent les occupants du site, soulignant que tous les habitants s'étaient officiellement identifiés.

"Dans ce contexte, tout recours à la force publique et expulsion constituerait clairement un passage en force sur le plan juridique et politique", ajoute un communiqué.

Les occupants disent que des recours juridiques vont être mis en place et que des rencontres réunissant 150 comités locaux auront lieu samedi et dimanche à Notre-Dame-des-Landes.

La décision d'expulsion des occupants de La Châtaigneraie a été communiquée par les services de l'Etat alors que deux "attaques violentes" des forces de l'ordre ont été signalées mercredi matin sur le site du projet de nouvel aéroport.

La préfecture écrit qu'un premier "guet-apens" a été tendu par une quarantaine d'individus, "les uns disposant une herse sur la route tandis qu'un autre groupe tentait d'attaquer les gendarmes à revers".

Une heure plus tard, "une cinquantaine d'assaillants casqués et munis de boucliers, de frondes et de cocktails Molotov" se sont attaqués à un second peloton de surveillance, ajoute la préfecture, qui déplore ces actes de violence au moment où le gouvernement prône le dialogue.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et partisan du projet de nouvel aéroport, a mis en place le 30 novembre une "commission de dialogue" et chargé trois experts de rendre un rapport dans un délai de quatre mois.

Guillaume Frouin, avec Marion Douet à Paris, édité par Gilles Trequesser

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