Risque climat : la moitié des plus gros investisseurs ignore le changement climatique

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Risque climat : la moitié des plus gros investisseurs ignore le changement climatique
Risque climat : la moitié des plus gros investisseurs ignore le changement climatique

Selon un nouveau classement publié ce lundi par l’ONG Asset Owners Disclosure Project (AODP), 246 des 500 plus gros investisseurs mondiaux ne prennent pas en compte le changement climatique et leur exposition à ce risque. De quoi mettre en danger l’épargne de millions de personnes. La France, a contrario, fait partie des bons élèves puisqu'elle figure au 4e rang avec trois fonds classés dans le top 20. État des lieux.

Près de la moitié des 500 plus gros investisseurs mondiaux ne font rien pour prendre en compte, via leurs placements, le risque climatique. C'est ce que met au jour une étude publiée lundi par l’ONG Asset Owners Disclosure Project (AODP).  

L'AODP classe les 500 plus importants fonds de pension, assureurs, fonds souverains, fondations et fonds de dotation, gérant un total de 38 000 milliards de dollars d'actifs, en fonction de leur capacité à intégrer le risque climatique dans leurs portefeuilles. L'ONG note les investisseurs de "AAA" à "D", ceux ne faisant rien pour tenir compte de ce risque étant classés 'X'.  

Au total, 246 investisseurs, gérant 14 000 milliards de dollars d'actifs, ne font rien à l’égard du changement climatique. "Le fait que près de la moitié des plus gros investisseurs mondiaux ne fait rien pour compenser ces risques est choquant", précise Julian Poulter, directeur général de l'AODP, cité dans un communiqué, ajoutant que les fonds de pension et les assureurs qui ignorent le changement climatique "jouent avec l'épargne et la sécurité financière de centaines de millions de personnes".  

 

1 investisseur sur 5 prend des mesures concrètes  

 

Moins de 20 % de ces investisseurs - 97 précisément représentant un total de 9 400 milliards de dollars d'actifs sous gestion - prend des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique. Et un autre groupe de 157 investisseurs, représentant 14 200 milliards de dollars d'actifs sous gestion, a mis en place une démarche dite des "premiers pas" pour faire face au changement climatique.  

Autres enseignement de cette étude : 10 % des investisseurs institutionnels dévoilent les émissions de gaz à effet de serre (GES) financées par leur portefeuille (contre 7 % en 2015), mais seuls 2 % se fixent un objectif de réduction. Et seuls 5 % des investisseurs mesurent l’impact de scénarios “stranded assets” sur leur portefeuille.  

 

La France parmi les leaders  

 

La France fait partie des bons élèves puisqu’elle est 4e, derrière la Suède, la Norvège et l’Australie, mais devant le Danemark, les Pays Bas et le Royaume-Uni.

Trois fonds ont particulièrement progressé cette année, note l’ONG, et se situent parmi les "Leaders" (de AAA à A). L’ERAFP (Établissement de retraite additionnelle de la Fonction Publique) atteint cette année la 10e place alors qu’il était classé 23e en 2015. Le groupe Caisse des Dépôts (dont Novethic est une filiale) passe de CC à AA (13e contre 65e en 2015). Et le Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) passe de B à AA (16e contre 46e en 2015).  

"Nous considérons que cela fait partie de notre devoir fiduciaire d'intégrer l'analyse de tous les facteurs qui peuvent influer sur la valeur de nos actifs à long terme dans notre processus d'investissement, explique Olivier Bonnet, responsable de la sélection des gérants (head of asset manager selection) à l'ERAFP. Sans aucun doute, le climat est un risque qui peut renverser les business models. Il est donc de la responsabilité des investisseurs de chercher à le mesurer, à révéler leur niveau d'exposition à ce risque, et, finalement, de mettre en œuvre les mesures appropriées pour atténuer ou couvrir ce risque".  

Parmi les autres investisseurs français, Axa passe de son côté de BB à BBB. La MAIF (71e, CC), Crédit Agricole Assurances (80e, CC), CNP Assurances (86e, C), Scor (112e, D) font leur entrée dans le classement cette année.  

Enfin, quatre des 14 investisseurs français de l'indice sont pointés du doigt pour leur manque d'allant sur le changement climatique : il s’agit de Groupama SA, avec 91 milliards $ d'actifs sous gestion, et des fonds de pensions d'Alcatel-Lucent, d'Air France-KLM et d'Humanis, avec une valeur combinée de 75 milliards $.  

Humanis a toutefois confirmé, lors du colloque Novethic organisé en novembre dernier, son objectif de diminution de 2 % par an des émissions associées à son portefeuille d'actions (2 milliards d'euros).

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