Rio, jusqu'ici tout va bien...

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Rio, jusqu'ici tout va bien...
Rio, jusqu'ici tout va bien...
A la veille de la finale de la Coupe du Monde, Rio de Janeiro a vécu la nouvelle déconvenue de la Seleçao. Mais si sur la plage de Copacabana on faisait contre mauvaise fortune bon coeur, on sentait ailleurs un peu plus d'électricité.

Cela a été vite plié. Avec un premier but encaissé d'entrée, le Brésil n'a pas eu le temps de croire à une revanche sur lui-même face aux Pays-Bas. Pire. Il a pris une nouvelle correction à domicile. Ce 3-0, score honni de la Seleçao les 12 juillet (souvenez-vous 1998), n'est certes pas aussi traumatisant que le 7-1 face à l'Allemagne, mais il n'est pas non plus innocent. Du côté de Rio de Janeiro, on a suivi cette rencontre de classement avec intérêt, à défaut de passion. La plupart des chants résonnant sur la plage mythique de Copacabana étaient argentins. Pourtant, Brésiliens et Brésiliennes, fiers de leur pays, s'étaient donnés rendez-vous en masse à la fan-fest, comme pour montrer aux Argentins qu'ils étaient bien chez eux et pas à Buenos Aires. Mais finalement, ils ont fait tout ça pour de nouveau voir leur équipe se montrer indigne de leurs espoirs.

Mais si on a vu des larmes face à l'Allemagne, on n'a que très peu pleuré ce samedi. Alors que les rouleaux de l'Atlantique s'écrasaient sur le sable fin avec violence, les Brésiliens semblaient prendre ce nouvel échec avec fatalisme. Et comme nous le confiait l'un d'eux, le Brésil est « un pays d'émotions. Nous pouvons pleurer puis faire la fête sans problème dans la même soirée ». Et ce fut de nouveau fait. Si quelques uns ruminaient assis sur les trottoirs, les autres, bien aidés par la gente féminine, ont préféré danser dès que les premières notes de musique ont retenti sur la grande scène qui défigure un petit peu la magnifique étendue de sable.

Du coup, on aurait pu croire que la joie aurait raison de tout lors de ce Mondial. On fêtait peut-être même la fin de Luiz Felipe Scolari, qui avait pourtant émis le souhait de rester. Plus loin sur les coursives de Copacabana, où les Brésiliens s'agglutinaient devant les écrans des bars et gargotes, l'émotion était un peu différente. Dans ces blocs plus populaires où l'on exhibe les couleurs de son club carioca avec fierté aux côté du maillot Jaune et Vert, on sentait que la fête du front de mer ne serait pas au rendez-vous en bas des immeubles décatis. Refoulés de Copacabana par les imposantes forces de l'ordre, les petits malfaiteurs faisaient leur sale besogne, occasionnant une course poursuite avec des supporters argentins. D'autres grimpaient dans les bus par les fenêtres du fond du véhicule pour échapper à une interpellation.

La nuit commençait alors sur cette nouvelle déconvenue brésilienne, et Rio, jusque-là visiblement contaminée par un élan de fraternité, semblait changer d'âme. Et l'électricité montait à mesure que les sirènes se police se faisaient entendre. Comme si la fête et les sourires de la plage n'étaient qu'un grossier trompe-l'½il. Dimanche, il peut tout se passer lors d'Allemagne-Argentine. La crainte de débordements est réelle et plus de 20 000 hommes armés tenteront de contrôler tout ce monde qui se croise dans les artères de Rio pour ce final qu'on espère en apothéose, mais qui pourrait aussi, ne l'excluons pas, se transformer en cauchemar. Ce dimanche 13 juillet s'annonce bouillant. Et la frustration brésilienne, après cette Coupe du Monde manquée par la Seleçao, pourrait bien se transformer en colère. Surtout si l'Argentine gagne et que ses supporters chambrent...

De notre envoyé spécial à Rio

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