Rien de suspect dans le profil des passagers du vol MH370

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L'ENQUÊTE SUR LES ANTÉCÉDENTS DES PASSAGERS DU VOL MH370 N'A RIEN DONNÉ
L'ENQUÊTE SUR LES ANTÉCÉDENTS DES PASSAGERS DU VOL MH370 N'A RIEN DONNÉ

par Anshuman Daga et Niluksi Koswanage

KUALA LUMPUR (Reuters) - Les antécédents des personnes à bord du Boeing 777 de la Malaysia Airlines introuvable depuis dix jours n'ont jusqu'ici fourni aucun mobile politique ou criminel qui expliquerait un détournement ou une destruction de l'appareil, ont déclaré mardi des sources occidentales ainsi que les autorités chinoises.

La Malaisie s'est entretenue avec les Américains et les Chinois à propos des recherches du vol MH370, qui mobilisent un nombre record de 26 pays de la mer Caspienne au sud de l'océan Indien. L'avion a disparu dans la nuit du 7 au 8 mars une heure après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin avec 227 passagers et douze membres d'équipage à bord.

Les enquêteurs ont la conviction qu'un individu ayant une connaissance poussée du Boeing 777-200ER et de la navigation commerciale a délibérément dévié l'appareil de sa trajectoire. La possibilité d'un suicide du pilote ou du copilote est envisagée, mais ce n'est qu'une piste parmi d'autres.

L'ambassadeur de Chine à Kuala Lumpur, Huang Huikang, a déclaré à des journalistes chinois que Pékin avait mené une enquête détaillée sur les passagers chinois, qui représentaient les deux tiers du nombre total de passagers.

Aucune des infractions relevées dans leurs antécédents ne mérite d'être prise en compte dans le cadre de l'enquête sur la disparition de l'appareil, a dit l'ambassadeur.

Selon des responsables de la sécurité américains et européens, les vérifications effectuées par divers gouvernements sur les passagers et membres d'équipage n'ont pas, à ce jour, révélé de liens avec des groupes d'activistes ou quoi que ce soit d'autre qui pourrait expliquer ce mystère.

Une source proche des enquêteurs américains indique que le profil des pilotes est particulièrement examiné en raison des compétences techniques requises pour désactiver les systèmes de communication du Boeing.

L'AUSTRALIE RÉDUIT SA ZONE DE RECHERCHES

Le vol MH370 a disparu des écrans radar des contrôleurs civils moins d'une heure après son décollage mais grâce aux données des radars militaires et des satellites, les enquêteurs ont acquis la conviction que quelqu'un a coupé le transpondeur, qui permet à l'avion d'être identifié, et le système ACARS, qui transmet des données de maintenance, et que l'avion a pris la direction ouest, franchi la péninsule malaisienne et suivi une route commerciale en direction de l'Inde.

Ce qui se passe ensuite est plus incertain. L'avion, qui disparaît des écrans radar militaires malaisiens à environ 320 km au nord-ouest de l'île de Penang, aurait pu voler pendant six ou sept heures encore, ce qui représente des milliers de km.

Mais les signaux satellites qui fournissent les seuls indices ne sont pas conçus pour localiser l'appareil. Le mieux qu'ils puissent faire est de placer l'avion sur deux grands arcs au moment du dernier signal - un arc nord s'étendant du Laos à la mer Caspienne, un arc sud de l'ouest de l'Indonésie à l'océan Indien au large de l'Australie.

Huang Huikang a précisé que la Chine avait entamé des recherches dans la partie du territoire chinois concernée par l'arc nord.

Le diplomate a jugé qu'il existait de nombreuses raisons à la confusion et aux rumeurs qui circulent autour de cette disparition, y compris le "manque d'expérience" de la Malaisie.

Certains responsables américains se sont plaints de leur côté de la conduite de l'enquête par les autorités malaisiennes, et du fait que Kuala Lumpur n'ait pas invité le FBI à envoyer une équipe sur place.

Le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein, a répondu que son pays coopérait déjà avec la police fédérale américaine.

L'US Navy a envoyé un P-8A Poseidon, son avion de surveillance maritime le plus sophistiqué, à Perth, en Australie, pour participer aux recherches.

Grâce à l'analyse des données satellites sur l'avion collectées par les Américains, l'Australie a pu réduire sa zone de recherches, de 19 millions de km2 initialement à un couloir de 600.000 km2 désormais, dans le sud de l'océan Indien.

(Avec Al Zaquan Amer Hamzah, Stuart Grudgings, Anuradha Raghu à Kuala Lumpur, Mark Hosenball à Washington, Li Hui, Ben Blanchard à ékin, Jane Wardell à Sydney; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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