Rick Santorum relance l'investiture républicaine aux Etats-Unis

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RICK SANTORUM S?IMPOSE DANS LE MISSOURI, LE MINNESOTA ET LE COLORADO
RICK SANTORUM S?IMPOSE DANS LE MISSOURI, LE MINNESOTA ET LE COLORADO

par Deborah Charles et John Whitesides

WASHINGTON (Reuters) - La triple victoire du conservateur Rick Santorum mardi a rappelé que la course à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine n'aura rien d'un long fleuve tranquille pour le favori, Mitt Romney.

Rick Santorum a remporté coup sur coup mardi la primaire du Missouri et les caucus du Minnesota et du Colorado. L'ancien sénateur de Pennsylvanie, qui avait créé la surprise en gagnant les caucus de l'Iowa début janvier, signe ainsi sa quatrième victoire en huit consultations électorales.

Favori des sondages, Mitt Romney reste en tête de la course à l'investiture, mais les large succès de Rick Santorum, notamment dans le Missouri, relancent les interrogations sur sa capacité à rassembler les conservateurs chrétiens.

Rick Santorum, qui a pris l'ascendant sur Newt Gringrich en tant que principal rival de Mitt Romney, ne s'y est pas trompé.

"Le conservatisme est toujours vivant et se porte bien au Missouri et au Minnesota" a-t-il déclaré devant ses partisans à St. Charles, dans le Missouri, après les premières projections.

"Je ne suis pas devant vous pour être l'alternative conservatrice à Mitt Romney, je suis ici pour être l'alternative conservatrice à Barack Obama", a-t-il ajouté.

Le résultat des trois consultations de mardi montre que le choix de Mitt Romney pour défier Barack Obama le 6 novembre est loin d'être une évidence pour les républicains.

"Cela montre que les républicains ne sont pas encore prêts à confier les clés du camion à Romney. Tout reste à faire", estime le conseiller de campagne républicain Ron Bonjean.

SUSPENSE JUSQU'AU "SUPER TUESDAY"

Les prochaines étapes de la course à l'investiture républicaine auront lieu samedi, avec la fin des caucus du Maine, et le 28 février, avec les primaires en Arizona et dans le Michigan.

Ces deux primaires seront l'occasion pour Mitt Romney de reprendre des couleurs: il a grandi dans le Michigan, dont son père a été le gouverneur, et il devrait consacrer à l'Arizona un investissement comparable à celui de Floride, où il s'est largement imposé.

Mais même en cas de succès, Mitt Romney ne pourra plus apparaître comme un favori incontestable avant le décisif "Super Tuesday", le 6 mars, avec des votes dans onze Etats (Alaska, Georgie, Idaho, Massachusetts, Dakota du Nord, Oklahoma, Ohio, Tennessee, Vermont, Virginie, Wyoming).

"Il voulait se promener en février et arriver au Super Tuesday en quasi-candidat, mais ça ne sera pas le cas désormais", souligne le conseiller de campagne républicain Ford O'Connell.

Catholique d'origine italienne, père de sept enfants, Rick Santorum a bâti sa réputation sur des questions de société, en rejetant l'avortement, le mariage homosexuel ou l'enseignement du darwinisme à l'école.

Ces succès pourraient lui permettre de démontrer à ses soutiens financiers que sa campagne reste viable.

GUERRE DES SPOTS PUBLICITAIRES

Soutenu par un "super PAC" - comité d'action politique - aux ressources considérables, qui finance des spots publicitaires décriant ses rivaux, Mitt Romney devrait désormais s'attacher à dépeindre Rick Santorum comme un représentant de l'oligarchie de Washington et l'accuser d'avoir soutenu d'importantes dépenses fédérales à l'époque où il était membre du Congrès.

"Je crois qu'on va mettre en évidence des différences d'approche", confie un conseiller de Romney, Stuart Stevens. "Je ne crois pas que les gens comptent sur Washington pour résoudre les problèmes de Washington."

Mitt Romney, qui avait détruit Newt Gringrich à coups de spots publicitaires avant les primaires en Floride, a depuis concentré ses attaques sur Barack Obama. Les succès de Santorum sont venus lui rappeler qu'une telle stratégie était prématurée.

"C'est un coup de semonce pour Romney, mais ce n'est pas la fin de la route", précise Ford O'Connell.

D'autant que la primaire du Missouri, où Rick Santorum a remporté 55% des voix contre 25% à Mitt Romney, selon un décompte quasi définitif, est "non contraignante", car aucun délégué n'est attribué à l'issue de ce scrutin.

La répartition se fera à la mi-mars lors d'une nouvelle procédure en deux étapes imposée par un changement dans le système de désignation de cet Etat.

Et Mitt Romney aura peut-être d'ici là repris sa marche en avant.

Benjamin Massot, Marine Pennetier et Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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