Rick Santorum ouvre la voie de l'investiture à Mitt Romney

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par Patricia Zengerle

GETTYSBURG, Pennsylvanie (Reuters) - L 'ultraconservateur Rick Santorum s'est retiré mardi de la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis, ouvrant la voie au modéré Mitt Romney non sans l'avoir contraint à élargir le débat.

L'ancien sénateur de Pennsylvanie peut se targuer d'être passé du rang de second couteau à celui de rival sérieux en remportant notamment les caucus de l'Iowa, première étape de la longue marche vers l'investiture.

Désormais distancé dans les intentions de vote et dans la collecte de fonds, il a su rebondir à plusieurs reprises alors qu'on l'annonçait définitivement battu, mais il a surtout imposé des thèmes tels que l'avortement et le rôle de la religion dans la vie publique, alors que Mitt Romney entendait se focaliser sur l'économie.

"On nous répétait encore et encore : 'Oublie, tu ne peux pas gagner.' Nous étions en train de gagner, mais d'une façon différente. Nous touchions les coeurs, nous abordions des sujets que beaucoup de gens voulaient éviter", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée dans un hôtel de Gettysburg.

Rick Santorum n'a pas expliqué précisément la raison de son forfait, mais il a évoqué à plusieurs reprise l'état de santé de sa petite fille Bella, âgée de trois ans, qui souffre d'une maladie génétique rare et qui a été hospitalisée vendredi en Virginie pour une pneumonie.

Observant une pause dans sa campagne à l'occasion du week-end pascal, Rick Santorum a passé les derniers jours à s'occuper d'elle et à évaluer la situation avec son épouse.

"UNE BONNE JOURNÉE POUR MOI"

"Nous avons pris la décision ce week-end et, si la course à la présidence est finie pour nous, pour moi, et que nous suspendons notre campagne aujourd'hui, nous continuons le combat", a-t-il poursuivi, sans précisé lequel des trois candidats encore en lice il entendait soutenir.

Outre Mitt Romney, Newt Gingrich et Ron Paul sont encore en course, mais aucun des deux ne pourra empêcher l'ancien gouverneur du Massachusetts d'affronter Barack Obama le 6 novembre.

Le président sortant s'en est d'ailleurs pris directement à lui mercredi sur le terrain de la fiscalité. "Beaucoup de gens, qui débitent la même théorie selon laquelle l'exonération des plus riches bénéficie aux plus pauvres (...), gagnent sur les deux tableaux grâce", a déclaré Obama dans une allusion claire à Romney.

L'intéressé, ancien homme d'affaire dont la fortune est estimé à 200 millions de dollars, a quant à lui poursuivi sa campagne dans le Delaware, où il a répété que la politique économique menée par Barack Obama était un échec.

Mitt Romney s'est dit surpris de la décision de Rick Santorum et a assuré qu'il continuerait à jouer un rôle important au sein du parti républicain. "Cela a été une bonne journée pour moi", a-t-il ajouté.

Face aux positions très tranchées du candidat ultraconservateur sur le mariage homosexuel ou l'avortement, l'ancien gouverneur du Massachusetts a dû réorienter sa campagne vers la droite, ce qui pourrait être un handicap en novembre, lorsque l'électorat centriste pèsera de tout son poids.

Selon l'institut Real Clear Politics, Rick Santorum ne pouvait compter que sur 272 délégués contre 656 pour Romney, 140 pour Gingrich et 67 pour Ron Paul sur un total de 2.286.

Il espérait se relancer avec un succès en Pennsylvanie, où la primaire aura lieu le 24 avril, mais un sondage de l'institut Public Policy Polling publié jeudi le donnait pour la première perdant dans son fief.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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