Rexecode pour des eurobunds pour l'Europe, menacée de récession

le
0

PARIS (Reuters) - L'Europe est aujourd'hui au bord de la récession et seule une initiative politique forte peut apaiser les craintes, estime l'institut d'études économiques Coe-Rexecode, qui prône la création d'"eurobunds" en mutualisant les dettes des pays les plus solides de la zone euro.

La fusion des dettes de l'Allemagne, de la France, des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Finlande et du Luxembourg, tous notés "triple A", voire de la Belgique (AA+), créerait un marché de près de 5.000 milliards d'euros mieux noté que la dette des Etats-Unis, a souligné Michel Didier, le président de cet organisme proche du Medef, devant des journalistes.

Ces "eurobunds", ajoute-t-il, seraient plus faciles à mettre en oeuvre que les "eurobonds" (ou euro-obligations) qui naîtraient d'une mutualisation de dettes à l'échelle de la zone euro toute entière.

Les dirigeants réunis ce week-end à Washington pour les réunions du FMI et de la Banque mondiale se sont efforcé d'ouvrir de nouvelles pistes de réflexion pour éviter un défaut de la Grèce, qui menacerait de contagion le reste de la zone euro et plombe déjà les perspectives économiques.

"L'Europe est vraiment au bord de la récession et je crois qu'elle y basculera vraiment si la crainte de défauts de paiements dans la zone euro n'est pas écartée", a expliqué Michel Didier, en soulignant qu'un défaut "mal contrôlé" créerait un risque récessif majeur.

Les prévisions chiffrées de Rexecode sont toutefois moins sombres: pour la zone euro, comme pour la France, il prévoit 1,2% de croissance du PIB l'an prochain après 1,7% cette année.

Le ralentissement de la croissance mondiale, lui, devrait être moins marqué, à 3,5% l'an prochain après 3,7% en 2011.

"La crise actuelle est fondamentalement une crise européenne", juge Michel Didier, pour qui la situation actuelle ne peut être comparée à celle déclenchée par la faillite de Lehman Brothers il y a trois ans.

"La crise de 2008 est arrivée à la fin d'un long cycle de croissance qui avait accumulé de nombreux déséquilibres. Aujourd'hui, nous sommes plutôt au début d'un cycle d'expansion, on n'a pas encore accumulé de déséquilibres."

Dans ce contexte, la zone euro est pénalisée par ses profondes divergences, en matière de déficits, de taux d'intérêts, de compétitivité salariale ou de parts de marché à l'export.

Pour Michel Didier, mener à bien un projet tel que celui des "eurobunds" nécessiterait une initiative franco-allemande spectaculaire pour dépasser les obstacles politiques et institutionnels. A l'inverse, ajoute-t-il, "casser, aujourd'hui, tout ce qui a déjà été fait en Europe impliquerait un risque récessif majeur".

Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant