Révolte, rébellion et responsabilisation

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Révolte, rébellion et responsabilisation
Révolte, rébellion et responsabilisation

Depuis la défaite contre l'Irlande, les voix s'élèvent dans le rugby français pour que les joueurs du XV de France se responsabilisent davantage. Avant les grands matchs des Bleus, les joueurs ont toujours pris les " clés du camion ". Mais cette année, les cadres se comptent sur les doigts d'une main.

La révolte. La rébellion. Le décor est planté. A quatre jours du quart de finale de Coupe du monde contre les All Blacks, le XV de France n’a plus le temps. Place à la responsabilisation, à l’acceptation d’une situation quasi désespérée. Sans un sursaut d’orgueil venu de l’intérieur, les Bleus seront à la maison dimanche. Avec le regret de ne pas avoir mené à bien l’objectif qu’ils s’étaient fixés en début de compétition. Pourtant dans l’histoire du rugby français, c’est au pied du mur que se sont bâtis les plus grands exploits, à deux reprises contre la Nouvelle-Zélande : en 1999, puis en 2007. Car avant ces matchs, des voix se sont élevées dans le groupe pour appeler les joueurs à prendre en main leur destin. « Ensemble, on s’est dit : il faut qu’on se prenne en main, on va chercher les clés », rappelait Fabien Galthié, ce mardi dans L’Equipe, à propos de la demi-finale de 1999.

Mesnel : « Le capitaine va avoir un rôle capital »

Mais outre Thierry Dusautoir, Pascal Papé et Nicolas Mas, les trois hommes forts du vestiaire français, peu de joueurs semblent capables de s’imposer cette année. « Arrivé le moment du match, évidemment qu’on doit prendre les choses en main pour gérer le match. Ce n’était pas forcément évident il y a quelques mois mais plus les matchs passent plus on prend du plaisir à le faire », rappelait Pascal Papé la semaine dernière avant le match contre l’Irlande. Avec le résultat qu’on connaît. Dans ce groupe français, un patron existe : Thierry Dusautoir. Le capitaine des Bleus a connu l’exploit de 2007. Il s’y était même révélé. Ce mardi en conférence de presse, Benjamin Kayser a d’ailleurs rappelé l’importance de Dusautoir dans cette semaine d’avant-match contre les Blacks. « Il va falloir une vraie remise en question des joueurs. Le coach ne l’a pas fait, le staff non plus ne le fera pas. C’est délicat mais je pense que c’est le rôle du capitaine de rameuter ses joueurs et d’essayer de refaire le coup de 1999 et 2007 », explique Denis Charvet. « Le capitaine et les deux trois anciens vont avoir un rôle capital. Le capitaine va prendre toute sa valeur. Il va falloir trouver les mots, se responsabiliser d'avantage », surenchérissait Franck Mesnel, lundi soir dans l’Access365.

Maestri et Picamoles doivent prendre les rênes

Mais le troisième ligne est bien seul. D’autant plus que lui, comme Papé et Mas, vit sa dernière Coupe du monde. Il est donc grand temps pour d’autres d’émerger. Maestri et Picamoles, patrons sur le terrain, ont semble-t-il les capacités pour prendre les fameuses clés du camion. Mathieu Bastareaud, si renfermé il y a encore quelques mois, s’est révélé comme un précieux relais pour Dusautoir. Lui aussi, comme Michalak ou encore Kayser, peut jouer ce rôle de meneur de fronde. « C’est nous qui sommes sur le terrain, à nous de prendre nos responsabilités », expliquait le Toulonnais au sortir du match dimanche soir, dans les travées du Millennium. En conférence de presse d’après-match lundi, Philippe Saint-André a fait comprendre à ses joueurs qu’il leur restait une chance de poursuivre l’aventure, mais qu’il était aussi temps pour eux de se prendre en main. Car lâcher du lest pour permettre à ses joueurs de venir les véritables patrons ne signifie pas forcément pour le sélectionneur faire un aveu de faiblesse.

Passer du statut de moins que rien à celui de héros

« Prendre les clés du camion, ça ne veut pas dire mettre en difficulté les coachs mais s'approprier le jeu. Ils ont le caractère pour le faire », explique le DTN Didier Retière, invité de l’Access365 lundi. « On a du mal à pouvoir imaginer un retournement de situation mais il va y avoir une prise de conscience qui doit venir de l'intérieur et non de Saint-André. Ça ne veut pas forcément dire remettre en cause les plans de Philippe (Saint-André), ça veut dire se remettre en cause soi-même, observe de son côté Franck Mesnel. Je ne crois pas que Philippe soit contre le principe d'envoyer du jeu. La confiance, il faut qu'il la donne mais il faut peut-être aussi que les joueurs passent au-delà de Philippe cette fois-ci. Philippe est assez nerveux naturellement. Je pense que lui le premier va dire à un moment : ça, c'est votre match les gars ! »  Un match qui peut changer la carrière des 31 joueurs retenus pour la Coupe du monde. Qui peut faire entrer un groupe dans la légende du sport français, alors que depuis deux jours, tous passent pour des moins que rien. Sur le papier, ça vaut le coup de prendre les commandes du navire…

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