Révision refusée pour le procès Agnelet

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REJET DE LA DEMANDE DE RÉVISION DE MAURICE AGNELET
REJET DE LA DEMANDE DE RÉVISION DE MAURICE AGNELET

PARIS (Reuters) - Une commission a refusé lundi la demande de révision de la condamnation à 20 ans de réclusion criminelle pour "assassinat" de l'avocat Maurice Agnelet, tenu pour responsable de la disparition en 1977 d'Agnès Le Roux, riche héritière d'un grand casino niçois.

Cette affaire criminelle toujours mystérieuse, qui s'était déroulée sur fond de "guerre des casinos" et de rivalités entre truands de la Côte d'Azur, ne s'est jamais apaisée durant ces 35 dernières années.

Agé aujourd'hui de 74 ans, Maurice Agnelet a été écroué malgré ses protestations d'innocence, trois décennies après l'affaire, en octobre 2007. Il avait alors été condamné en appel, après un acquittement prononcé en première instance en 2006 à Nice au bénéfice du doute.

Son pourvoi en cassation sur la forme a été rejeté en 2008. Devant la commission de révision des condamnations pénales de la même Cour de cassation - seule instance habilitée à revoir sur le fond une condamnation en principe définitive - il avançait le témoignage d'un ancien gangster.

Dans un livre, Jean-Pierre Hernandez, 75 ans, ancien proche du patron de la pègre marseillaise Gaëtan Zampa, a affirmé qu'un de ses amis truands lui avait dit quelques mois avant sa mort en 1987 qu'il avait tué Agnès Le Roux dans le cadre d'un "contrat".

Maurice Agnelet, figure du Nice des années 1970 quand Jacques Médecin gouvernait la ville, a toujours nié toute implication dans la disparition.

La cour d'assises d'Aix-en-Provence a conclu qu'il avait tué Agnès Le Roux, alors sa maîtresse, après avoir obtenu qu'elle cède ses parts dans le Palais de la Méditerranée, l'un des plus grands casinos de Nice, à Jean-Dominique Fratoni.

Ce dernier, aujourd'hui décédé, était le patron du casino rival, Le Ruhl. Proche du maire de Nice Jacques Médecin, il était vu par la police comme une figure éminente de la pègre locale.

Le parquet s'appuyait sur un faisceau de présomptions mais n'a jamais eu de preuves, faute d'avoir découvert le corps. La police n'a jamais pu dire quand et comment elle aurait été tuée.

La mère d'Agnès Le Roux, Renée Le Roux, n'a eu de cesse de relancer l'affaire, abandonnée dans les années 1980 par la justice niçoise dans des conditions contestées, attribuées au fait que Maurice Agnelet était un notable, président départemental de la Ligue des droits de l'homme.

En 1999, Françoise Lausseure, autre maîtresse de Maurice Agnelet qui lui avait fourni initialement un alibi pour la période de la disparition de la victime en 1977, avait reconnu avoir menti, ce qui avait amené la justice niçoise, dont l'organisation était alors revue par le nouveau procureur Eric de Montgolfier, à rouvrir le dossier.

Il est établi que Maurice Agnelet s'est approprié l'argent placé en Suisse par Agnès Le Roux après la vente de ses parts dans le casino, trois millions de francs (457.000 euros). Il a été condamné pour cet aspect des faits et a purgé une courte peine de prison dans les années 1980.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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