Révision en cours du projet Shtokman, Total veut rester à 25%

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PARIS/MOSCOU (Reuters) - Le russe Gazprom a annoncé mercredi une modification pour le mois prochain de la composition du consortium chargé de développer le gisement gazier de Shtokman, renforçant l'incertitude sur l'avenir de ce projet.

Selon certaines sources chez Gazprom, il pourrait y avoir un départ du tour de table de ce projet, enlisé dans des discussions difficiles concernant notamment le montant des investissements et le calendrier.

"Le projet est en cours de révision. Une décision sur ses membres et sur son organisation est attendue pour juin", a déclaré Vitaly Markelov, un des directeurs généraux-adjoints de Gazprom, lors d'un point de presse À Moscou.

Le géant gazier russe, qui détient 51% de Shtokman, s'est allié avec deux partenaires : le norvégien Statoil, qui en détient 24% et le français Total avec 25%.

Total entend maintenir sa participation de 25% dans Shtokman, a déclaré mercredi une porte-parole du pétrolier français. Aucune discussion n'est en cours concernant la structure du consortium, a-t-elle ajouté.

Shtokman, situé en mer de Barents, est l'un des gisements gaziers les plus importants au monde avec des réserves estimées à 3.700 milliards de mètres cubes.

Selon des sources du secteur à Moscou, tous les appels d'offres en cours ont été annulés et les effectifs de la société Shtokman Development AG sont en cours de réduction, ce qui pourrait induire des modifications sur la façon de gérer le projet.

On estime que le Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin, lors duquel le président russe Vladimir Poutine doit prononcer un discours important, sera l'occasion pour le consortium d'annoncer une nouvelle approche dans le développement du projet.

Le gaz extrait du site devait à l'origine être livré aux Etats-Unis, mais la production de gaz de schiste en plein boom en Amérique du Nord a contraint le consortium Shtokman à renoncer à ce débouché pour s'intéresser à d'autres marchés.

De même, la tendance à la baisse de la demande gazière en Europe, principal marché de Gazprom, a incité Shtokman à réévaluer son projet de gazoduc pour se concentrer sur la production de gaz naturel liquéfié.

Denis Pinchuk avec Muriel Boselli; et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benjamin Mallet

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