Revenu de base inconditionnel rejeté par 4/5e des Suisses

le , mis à jour à 15:29
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    * Les partisans du RBI parlent d'une victoire morale 
    * La Suisse, premier pays à voter sur le principe d'un 
revenu de base 
    * Un projet du même genre est à l'étude en Finlande 
    * Une autre initiative, "en faveur du secteur public", 
massivement rejetée 
 
 (Actualisé avec précisions, autre initiative) 
    par Silke Koltrowitz et Marina Depetris 
    ZURICH, 5 juin (Reuters) - L'initiative en faveur d'un 
revenu de base inconditionnel (RBI) a été rejetée par près de 
quatre électeurs sur cinq lors d'une votation ce dimanche en 
Suisse, selon une projection de l'institut GfS pour la 
télévision helvétique. 
    La nette défaite des partisans du RBI n'est pas une 
surprise, les sondages ayant prévu un rejet de cette ampleur.  
    Les partisans du RBI estiment que mettre en place un revenu 
mensuel de 2.500 francs suisses (2.250 euros) par adulte et de 
625 franc suisses (560 euros) par enfant serait un progrès pour 
la dignité humaine et pour les services publics.  
    Les opposants à cette idée, au nombre desquels le Conseil 
fédéral (gouvernement), estiment que la mise en place d'un RBI 
aurait un coût trop élevé et affaiblirait l'économie de la 
confédération. 
    Le propriétaire de café bâlois Daniel Häni, l'un des 
coauteurs de l'initiative, a reconnu la défaite des partisans du 
RBI mais s'est targué d'avoir remporté dimanche une victoire 
morale. 
    "En tant qu'homme d'affaires, je suis réaliste et je 
m'attendais à un 'oui' de l'ordre de 15%, mais il semble que 
nous soyons plutôt à plus de 20% voire peut-être à 25%. Je 
trouve ça fabuleux, sensationnel", a-t-il dit à la télévision 
suisse. 
    "Quand je vois l'intérêt porté (au sujet) par les médias, y 
compris à l'étranger, je me dis que nous lançons là une 
tendance", a continué Daniel Häni. 
    La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national 
sur l'idée d'un revenu de base garanti à chacun, mais d'autres 
pays, comme la Finlande, étudient des projets du même type. 
     
    REJET DE L'INITIATIVE PRO-SERVICE PUBLIC 
    Le Conseil fédéral avait appelé les électeurs à rejeter le 
RBI, parlant d'une menace pour la cohésion de la société et 
d'une réforme trop coûteuse. Si l'issue du référendum ne faisait 
guère de doute, le RBI a déclenché dans le pays un débat animé. 
    Selon le Conseil fédéral, le RBI aurait un coût annuel de 
l'ordre de 208 milliards de francs suisses (187 milliards 
d'euros), et découragerait les gens de travailler, notamment 
ceux qui ont de faibles revenus, tout en affaiblissant 
l'économie. 
    Une bonne partie de ces coûts auraient pu être couverts par 
les organismes de prestations sociales existants, mais la partie 
restante, équivalant à 25 milliards de francs suisses (22,5 
milliards d'euros), aurait dû être financée par des hausses 
d'impôts ou par une baisse des dépenses publiques. 
    Un mécanisme social vient d'ores et déjà en aide aux 
personnes qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Moins de 
sept pour cent de la population suisse vivait en 2014 dans la 
pauvreté, selon les statistiques fédérales. 
    Lors d'une autre votation, ce dimanche, les électeurs 
suisses ont rejeté à 67% une initiative populaire fédérale "en 
faveur du service public", selon une projection de GfS diffusée 
par la radiotélévision helvétique. Cette initiative demandait à 
la Confédération de ne pas viser prioritairement les bénéfices 
au sein des sociétés contrôlées majoritairement par l'Etat, 
comme Swisscom  SCMN.S , La Poste suisse ou la société des 
chemins de fer CFF. 
    L'initiative émanait de magazines de protection des 
consommateurs. Le soutien en faveur de cette initiative, tout 
d'abord populaire, s'était nettement réduit au fil des sondages 
avant le vote. (voir  ) 
 
 (Silke Koltrowitz et Michael Shields; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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  • vnetter il y a 6 mois

    Un pays raisonnable, et démocratique. Le contraire de la France.