Révélations internationales sur la finance offshore à Panama

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    PARIS, 3 avril (Reuters) - Le Consortium international des 
journalistes d'investigation (ICIJ) et une centaine de médias 
internationaux ont commencé dimanche soir à divulguer des 
informations sur des avoirs cachés dans des paradis fiscaux par 
des dirigeants politiques, des personnalités sportives, voire 
des organisations criminelles.  
    "Il s'agit de la plus grosse fuite d'informations jamais 
exploitée par des médias", peut-on lire sur le site internet du 
Monde, qui a participé à cette enquête pour la France.  
    Baptisée "Panama Papers", cette enquête menée pendant un an 
par 378 journalistes dans 77 pays a porté sur 11,5 millions de 
documents provenant de la firme panaméenne Mossack Fonseca, 
spécialisée dans le montage de sociétés offshore.     
    Ces documents, remis au journal allemand Süddeutzsche 
Zeitung par un lanceur d'alerte dont l'identité n'a pas été 
révélée, ont permis d'analyser dans le détail près de 214.500 
entités offshore créées par ce cabinet entre 1977 et 2015 dans 
une vingtaine de paradis fiscaux, pour le compte de clients 
issus de plus de 200 pays.  
    L'analyse de ce que Le Monde décrit comme une "immense 
caverne d'Ali Baba de l'évasion fiscale" a révélé qu'un millier 
de ressortissants français auraient eu recours aux sociétés 
écrans mises en place par Mossack Fonseca. 
        
    PLUS D'UNE CENTAINE DE DIRIGEANTS POLITIQUES 
    La liste des clients ayant eu recours à des montages 
financiers offshore pour dissimuler leurs actifs comprend 
également les noms de 128 dirigeants politiques et douze chefs 
d'Etat ou de gouvernement, dont six encore en activité. 
    Figuraient également dans ces fichiers les noms de 33 
personnes ou organisations figurant sur la liste noire des 
Etats-Unis pour avoir entretenu des relations commerciales avec 
des barons de la drogue mexicains, des pays alors sous le coup 
de sanctions l'Iran et la Corée du Nord et l'Iran ou encore avec 
le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par 
Washington.    
    La détention d'une telle société-écran, "c'est en général 
pas très moral mais c'est pas toujours illégal", a expliqué 
Samuel Laurent, journaliste au Monde, sur iTELE, précisant qu'il 
s'agit souvent de "joue(r) sur les failles du système et sur les 
failles internationales, notamment de la juridiction en matière 
de transparence financière, pour faire évader de l'argent de 
manière légale." 
    De son côté, Manon Aubry, responsable de l'organisation 
non-gouvernementale Oxfam France, estime dans un communiqué que 
"tous les gouvernements, riches et pauvres, doivent s'efforcer 
de mettre fin à l'utilisation abusive des paradis fiscaux".    
 
 (Myriam Rivet, édité par Patrick Vignal et Marc Angrand) 
 
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