Réunion sur le climat à Bonn pour préparer la COP21 de Paris

le , mis à jour à 21:24
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par Alister Doyle OSLO, 31 mai (Reuters) - Les Etats du monde entier vont s'efforcer à partir de lundi, et ce jusqu'au 11 juin, de préciser et d'affiner un texte de 89 pages, dont la version finale sera soumise à la fin de l'année à Paris aux délégués de la conférence sur le climat (COP21) comme base pour accoucher d'un nouveau traité international sur le climat. Les discussions qu'auront à Bonn dès lundi les représentants de 190 pays viseront à aplanir les divergences sur l'ampleur des objectifs et des efforts à consentir en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le temps commence à manquer, d'ici la COP21 qui s'ouvre le 30 novembre, pour transformer les 4.232 lignes de texte, et leurs centaines de passages entre parenthèses, en un document en bonne et due forme. Pour Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l'atmosphère qui règne actuellement est bien meilleure qu'en 2009, lorsque le sommet de Copenhague s'était terminé dans un climat d'aigreur, sans accord substantiel. "Au lieu de se rejeter la responsabilité comme cela fut le cas à Copenhague, ce que l'on construit ici tient beaucoup plus à une alliance, une large coopération entre pays pour trouver un accord ensemble", a-t-elle déclaré à Reuters. VERS UN ACCORD CONTRAIGNANT? Bonn permettra de savoir si l'inhabituel esprit d'harmonie qui a prévalu lors de la précédente réunion, à Genève en février, est toujours de mise. A Genève, tous les pays avaient été autorisés à adjoindre au projet de texte les suggestions qu'ils avaient, de manière à ce que toutes les idées soient recueillies. "Nous sommes repartis heureux de Genève. Et il en a été de même pour tout le monde, parce qu'aucune décision délicate n'a été prise. Bonn sera considérablement plus difficile", prédit un négociateur européen. L'une des difficultés sera de trouver le moyen de rendre un accord contraignant. Les plus gros émetteurs de GES, en tête desquels la Chine et les Etats-Unis, préfèrent un accord qui s'appuie sur des promesses faites par les différents pays pour réduire les émissions, engagements qui s'appuieraient sur des lois nationales plutôt que sur un traité contraignant. Nombre de pays en développement privilégient, eux, l'idée d'un traité international contraignant. La Bolivie souhaite même qu'un nouveau tribunal soit mis sur pied afin de sanctionner les Etats qui violeraient le traité. "Je ne crois pas que nous réussirons à tout resserrer à quelques pages seulement d'ici la fin de Bonn", admet Mark Kenber, qui dirige The Climate Group, organisation indépendante qui coopère avec les entreprises et les gouvernements. (Eric Faye pour le service français)

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