Réunion jeudi à Paris pour préparer "le jour d'après" à Mossoul

le , mis à jour à 17:06
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    * Annonce au lendemain du début de l'offensive anti-EI 
    * Il faut anticiper, préparer le jour d'après-Ayrault 
    * Paris fixe trois priorités à cette réunion 
 
 (Actualisé avec précisions, déclarations) 
    par John Irish 
    PARIS, 18 octobre (Reuters) - Les ministres des Affaires 
étrangères d'une vingtaine de pays occidentaux et arabes se 
réuniront jeudi à Paris pour discuter de la façon de rétablir la 
paix et la stabilité à Mossoul une fois que l'offensive contre 
l'Etat islamique (EI) aura pris fin. 
    L'annonce de cette réunion par le chef de la diplomatie 
française Jean-Marc Ayrault survient au lendemain du début de 
l'opération de reconquête de la deuxième ville d'Irak par les 
forces irakiennes et kurdes, avec le soutien de la coalition 
internationale emmenée par les Etats-Unis.   
    Une victoire des forces locales dans cette ville où l'EI 
avait proclamé son "califat" en 2014 porterait un coup à 
l'organisation djihadiste mais pourrait attiser par la suite les 
rivalités confessionnelles entre les différentes communautés.  
    "Il faut anticiper, préparer le jour d'après, et la 
stabilisation de Mossoul après la bataille militaire", a 
souligné Jean-Marc Ayrault lors d'un rendez-vous avec la presse 
diplomatique à Paris. 
    "Que se passe-t-il après ? Il faut mettre une administration 
en place, préparer la stabilisation", a-t-il ajouté.  
    La réunion, à laquelle participera le ministre irakien des 
Affaires étrangères, Ibrahim al Jaafari, et au cours de laquelle 
le chef de l'Etat français François Hollande s'exprimera, devra 
se pencher sur les "trois priorités" du moment. 
    "Protéger les populations civiles à Mossoul et dans les 
villages avoisinants, fournir de l'assistance humanitaire, et 
les autorités irakiennes doivent élaborer un plan de 
stabilisation pour Mossoul et sa région", a expliqué Jean-Marc 
Ayrault. 
     
    "FAUTE GRAVE" 
    Autre sujet qui devra être abordé, la question de Rakka, le 
bastion de l'organisation djihadiste en Syrie.  
    "La question de Rakka se pose plus que jamais à la 
coalition", a dit Jean-Marc Ayrault. "La coalition est face à 
ses responsabilités. La suite (de Mossoul), c'est Rakka, et 
faire l'impasse serait une faute grave".  
    "Si on veut lutter efficacement contre le terrorisme, Rakka 
est une question essentielle", a-t-il ajouté.  
    Sur le dossier syrien, le chef de la diplomatie française a 
appelé à maintenir la pression sur la Russie, qui a interrompu 
ses bombardements sur Alep avant une "pause humanitaire" prévue 
jeudi.  
    "C'est bien peu, ça ne permet pas aux convois humanitaires 
d'accéder", a réagi le chef de la diplomatie française.  
    "Il faut préserver cette pression", a-t-il ajouté, précisant 
que la question serait probablement abordée à Berlin entre 
Vladimir Poutine, Angela Merkel et François Hollande, mercredi, 
après le sommet Ukraine.  
    L'idée est de ne pas "relâcher la pression sur Vladimir 
Poutine, utiliser toutes les expressions, toutes les enceintes 
pour lui dire qu'il ne peut pas participer au martyr d'Alep, que 
ça ne conduit nulle part, que c'est une voie de toutes façons 
sans issue", explique une source diplomatique française.  
    Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Arabie saoudite et la 
Turquie devraient participer à la réunion de jeudi qui sera 
co-présidée par l'Irak. L'Iran et la Russie, qui soutiennent 
militairement Bachar al Assad, n'ont eux pas été conviés. 
    Selon Jean-Marc Ayrault, Moscou aurait fait savoir qu'il 
n'était pas impliqué en Irak et Téhéran n'aurait pour sa part 
pas été invité en raison de ses relations tendues avec Riyad et 
Bagdad.  
    "J'ai assisté à des échanges très virulents (...) entre les 
représentants saoudien et irakien et déjà il y a ce dialogue 
qu'il faut favoriser", a souligné Jean-Marc Ayrault. "On 
n'ignore pas l'Iran qui est un acteur essentiel mais il faut 
faire étape par étape".  
 
 (avec Marine Pennetier, Chine Labbé et Elizabeth Pineau, édité 
par Yves Clarisse) 
 
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  • charleco le mardi 18 oct 2016 à 14:07

    Ils laissent le temps aux terroristes de miner toute la région. Mossoul est encerclée aux 3/4, ce qui leur réserve une sortie vers la Syrie!