Réunion du nouveau Parlement libyen à Tobrouk hors des combats

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(Actualisé avec appel des Occidentaux §4-5) TRIPOLI, 4 août (Reuters) - Le Parlement libyen fraîchement élu a tenu lundi sa première séance officielle hors de la capitale et a lancé un appel à l'unité nationale alors que les violences entre milices rivales se poursuivent dans le pays. Les députés se sont retrouvés sous haute surveillance dans un hôtel de Tobrouk, dans l'est du pays, ne s'estimant pas en sécurité à Tripoli, la capitale, ni à Benghazi, la grande ville de l'Est, où des combats se déroulent depuis trois semaines. Les pays occidentaux, qui ont évacué leurs ambassades en raison des combats, comptent sur la nouvelle assemblée pour favoriser la conclusion d'un cessez-le-feu entre les belligérants. Dans une déclaration conjointe, la France, l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont salué "une avancée importante sur la voie qui permettra de relancer la transition démocratique en Libye et de rétablir la légalité et l'ordre public dans ce pays". Les cinq pays appellent dans un communiqué "toutes les parties à adopter un cessez-le-feu immédiat, à engager un dialogue politique pacifique avec le soutien des Nations unies et à reconnaître l'autorité des représentants élus du peuple libyen". Elue en juin, la Chambre des représentants remplace le Congrès général national (CGN) où les groupes islamistes, estiment certains observateurs, avaient davantage d'influence que dans la nouvelle assemblée. Les divisions n'ont pas disparu. Alors que l'ancien vice-président du CNG, Azzedine al Aouami, appelait à l'unité lors de cette séance d'ouverture, l'ex-président du CNG, l'islamiste Nouri Abousahmain, demandait à Tripoli à ce qu'une autre séance ait lieu dans la capitale pour la transmission de pouvoir. Sur le terrain, les échanges à l'arme lourde ont repris lundi dans le sud de Tripoli où les brigades islamistes de Misrata veulent déloger leurs rivales laïques de Zentane de l'aéroport international qu'elles contrôlent depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Les combats de Tripoli et Benghazi ont fait plus de 200 morts. La bataille de l'aéroport s'inscrit dans une lutte politique plus vaste entre deux groupes d'ex-rebelles et leurs alliés politiques qui, après s'être battus côte-à-côte contre le Kadhafi, sont devenues rivales dans la lutte pour le pouvoir dans la Libye désorganisée qui a suivi sa disparition. Lundi, le Royaume-Uni, un des derniers pays à retirer son personnel diplomatique, était sur le point de fermer son ambassade. Les Etats-Unis et les Nations unies ont déjà évacué leur personnel. (Patrick Markey et Aziz El Yaakoubi avec Ayman al Warfalli à Tobrouk, Ahmed Eloumami à Benghazi et Heba al Chibani à Tripoli; Danielle Rouquié pour le service français)

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