Réunion à Vienne pour tenter de relancer un cessez-le-feu en Syrie

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    par Lesley Wroughton et John Irish 
    VIENNE, 17 mai (Reuters) - Le Groupe international de 
soutien à la Syrie (GISS) qui se réunit ce mardi à Vienne veut 
travailler au rétablissement d'un cessez-le-feu et permettre à 
l'aide humanitaire de parvenir aux zones assiégées afin 
d'inciter les groupes de l'opposition à reprendre les 
pourparlers de Genève, a déclaré le ministre allemand des 
Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. 
    "Nous devons trouver un moyen pour revenir au processus 
politique", a-t-il dit à son arrivée à la réunion ministérielle. 
    "Il s'agit d'améliorer les conditions d'un cessez-le-feu et 
d'une aide humanitaire de sorte de convaincre l'opposition de 
négocier avec le régime à Genève", a-t-il ajouté. 
    Les ministres de 17 pays, dont la Russie, les Etats-Unis et 
des puissances européennes et moyen-orientales, participent à la 
réunion de Vienne. 
    L'accord de "cessation des hostilités" parrainé par les 
Etats-Unis et la Russie, entré en vigueur fin février pour 
appuyer les négociations menées à Genève sous l'égide du 
médiateur de l'Onu, Staffan de Mistura, a permis de réduire 
l'intensité des combats pendant près de deux mois. 
    Mais un regain de violences à Alep, la grande ville du nord 
de la Syrie, a eu raison de cette accalmie. Et les discussions 
de Genève se sont effondrées il y a près de quatre semaines 
alors qu'une autorité de transition est censée être en place à 
la date butoir du 1er août pour préparer des élections dans un 
délai de 18 mois. 
    "Dans l'idéal, nous aimerions aujourd'hui voir émerger du 
neuf sur la cessation des hostilités, mais cela signifie que les 
garants de ce cessez-le-feu -- la Russie et les Etats-Unis -- 
sortent quelque chose qui puisse réellement convaincre 
l'opposition que ce processus vaut le coup", a dit un diplomate 
de haut rang impliqué dans les discussions. 
    "Malheureusement, je n'en ai pas le sentiment et je redoute 
que les Etats-Unis tentent d'imposer un texte qui soit 
exagérément optimiste mais dont l'application ne sera pas 
possible", ajoute-t-il. 
     
    LE BRAS DE FER RUSSO-AMÉRICAIN EXASPÈRE LES EUROPÉENS 
    L'incapacité des Etats-Unis à convaincre la Russie de lâcher 
le président syrien Bachar al Assad accentue la frustration de 
puissances européennes reléguées au second plan du processus de 
paix, dit-on dans les milieux diplomatiques.  
    Certains diplomates et analystes se demandent si 
l'administration Obama ne s'est pas fourvoyée dans son 
interprétation de la solidité du soutien russe à Assad.     
"Beaucoup (au sein de l'administration américaine) ont longtemps 
sous-estimé la détermination des Russes à empêcher la chute de 
ce régime", reconnaît Philip Gordon, ancien membre du Conseil de 
sécurité nationale de la Maison blanche. 
    L'un des principaux problèmes, dit-on en coulisse, réside 
dans l'incapacité -- ou la réticence -- des Etats-Unis à tenir 
tête à une Russie de plus en plus sûre d'elle.  
    Pour certains, Barack Obama a perdu sa capacité de 
persuasion lorsqu'il a renoncé à la fin de l'été 2013 à recourir 
à la force après des bombardements chimiques imputés à l'armée 
syrienne dans la plaine de la Ghouta orientale, près de Damas, 
alors même qu'il avait fait de ce type d'attaques une "ligne 
rouge" à ne pas franchir. 
    Sceptiques à l'égard de l'approche bilatérale 
russo-américaine qui tarde à porter ses fruits, les puissances 
européennes souhaitent désormais être associées plus étroitement 
au règlement d'un conflit qui a fait 250.000 morts en cinq ans. 
  
    "Tout le monde est frustré, pas seulement les alliés", a 
répondu un responsable du département américain d'Etat. 
 
 (avec Shadia Nasralla; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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