Réunion à Vienne pour tenter de relancer la trêve en Syrie

le , mis à jour à 17:21
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 (Ajoute menace d'exclusion §4) 
    par Lesley Wroughton et John Irish 
    VIENNE, 17 mai (Reuters) - Le Groupe international de 
soutien à la Syrie (GISS) s'est réuni mardi à Vienne pour 
travailler au rétablissement d'un cessez-le-feu et permettre à 
l'aide humanitaire de parvenir aux zones assiégées afin de 
faciliter une reprise des pourparlers de Genève, si possible 
avant début juin. 
    Les Etats-Unis et la Russie ont promis d'aider à déterminer 
les responsabilités en cas de violation de la trêve, a déclaré 
le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter 
Steinmeier.  
    "Les Etats-Unis et la Russie se sont dits prêts à progresser 
sur le plan technique afin d'être à même de vérifier qui est 
(responsable) de violations du cessez-le-feu", a-t-il dit. 
    Tout groupe armé jugé coupable de violations répétées de la 
trêve sera exclu de l'accord de cessation des hostilités et ne 
bénéficiera plus de la protection qu'il confère, a indiqué le 
GISS dans un communiqué de fin de réunion. Seuls les groupes 
djihadistes Front al Nosra et Etat islamique ne sont pas 
concernés aujourd'hui par l'accord de trêve.  
    Les membres du GISS ont également autorisé des parachutages 
dans les zones assiégées pour améliorer la situation 
humanitaire, a précisé le chef de la diplomatie allemande.   
    Les ministres de 17 pays, dont la Russie, les Etats-Unis, 
l'Iran et des puissances européennes et moyen-orientales, 
participaient à la réunion. 
    L'accord de "cessation des hostilités" parrainé par les 
Etats-Unis et la Russie, entré en vigueur fin février pour 
appuyer les négociations menées à Genève sous l'égide du 
médiateur de l'Onu, Staffan de Mistura, a permis de réduire 
l'intensité des combats pendant près de deux mois. 
    Mais un regain de violences fin avril à Alep, la grande 
ville du nord de la Syrie, a eu raison de cette accalmie.  
    Et les discussions de Genève se sont effondrées il y a près 
de quatre semaines avec le départ du Haut Comité des 
négociations (HCN), principal organe représentatif de 
l'opposition, alors qu'une autorité de transition est censée 
être en place à la date butoir du 1er août pour préparer des 
élections dans un délai de 18 mois. 
     
    LE BRAS DE FER RUSSO-AMÉRICAIN EXASPÈRE LES EUROPÉENS     
    Après la réunion de Vienne, l'envoyé spécial des Nations 
unies pour la Syrie a indiqué qu'aucune décision n'avait été 
prise pour le lancement d'un nouveau cycle de négociations, 
ajoutant: "On ne peut pas attendre trop longtemps." 
    Le communiqué du GISS indique que les discussions 
reprendront "au moment approprié".  
    L'objectif des grandes puissances est de parvenir à une 
reprise des discussions de paix de Genève avant début juin, a 
déclaré de son côté Jean-Marc Ayrault. 
    "L'objectif reste et demeure le processus politique. Nous 
souhaitons que (le médiateur des Nations unies) Staffan de 
Mistura puisse réunir à nouveau les négotiateurs dans les plus 
brefs délais, donc nous nous sommes fixé un objectif si possible 
avant le début juin, mais pour cela, il faut que les conditions 
soient réunies", a expliqué le chef de la diplomatie française.  
    L'incapacité des Etats-Unis à convaincre la Russie de lâcher 
le président syrien Bachar al Assad accentue la frustration de 
puissances européennes reléguées au second plan du processus de 
paix, dit-on dans les milieux diplomatiques.  
    Certains diplomates et analystes se demandent si 
l'administration Obama ne s'est pas fourvoyée dans son 
interprétation de la solidité du soutien russe à Assad.     
"Beaucoup (au sein de l'administration américaine) ont longtemps 
sous-estimé la détermination des Russes à empêcher la chute de 
ce régime", reconnaît Philip Gordon, ancien membre du Conseil de 
sécurité nationale de la Maison blanche. 
    L'un des principaux problèmes, dit-on en coulisse, réside 
dans l'incapacité -- ou la réticence -- des Etats-Unis à tenir 
tête à une Russie de plus en plus sûre d'elle.  
    Pour certains, Barack Obama a perdu sa capacité de 
persuasion lorsqu'il a renoncé à la fin de l'été 2013 à recourir 
à la force après des bombardements chimiques imputés à l'armée 
syrienne dans la plaine de la Ghouta orientale, près de Damas, 
alors même qu'il avait fait de ce type d'attaques une "ligne 
rouge" à ne pas franchir. 
    Sceptiques à l'égard de l'approche bilatérale 
russo-américaine qui tarde à porter ses fruits, les puissances 
européennes souhaitent désormais être associées plus étroitement 
au règlement d'un conflit qui a fait 250.000 morts en cinq ans. 
  
    "Tout le monde est frustré, pas seulement les alliés", a 
répondu un responsable du département américain d'Etat. 
 
 (avec Shadia Nasralla; Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André 
et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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